Carburant à 2 990 FC le litre, mais les trajets en taxi coûtent toujours jusqu’à 6 000 FC

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Bien que le gouvernement ait réduit le prix du carburant de manière significative, le secteur des transports à Kinshasa peine à en tirer parti. La persistance de tarifs élevés met en lumière des défis structurels, relevant d’une combinaison de coûts d’exploitation, d’infrastructures dégradées et d’inefficacités dans la régulation du secteur. Les prix du transport en commun restent inchangés, creusant davantage le fossé entre l’offre de transport et le pouvoir d’achat des usagers.

Le litre d’essence a été abaissé de 3 340 FC à 2 990,49 FC, et le gasoil de 3 435 FC à 2 979,73 FC, représentant une baisse de 13 %. Pourtant, cette diminution n’a pas encore été répercutée sur les prix des courses. À titre d’exemple, un trajet habituel comme UPN – Gare centrale est toujours facturé 3 500 FC, et UPN – Zando, 3 000 FC, ce qui illustre le désalignement persistant entre la baisse des coûts de carburant et les prix pratiqués.

Des coûts fixes élevés et une régulation insuffisante

Le maintien des prix par les chauffeurs et les transporteurs s’explique en partie par des coûts opérationnels qui continuent de peser sur le secteur. En plus des embouteillages récurrents, les routes mal entretenues aggravent les dépenses liées à l’entretien des véhicules. Les pièces de rechange sont fréquemment endommagées, augmentant ainsi les charges de maintenance et les obligations financières des chauffeurs. Comme l’indique Marc Tambwe, chauffeur de taxi :

« Nous devons payer nos versements journaliers aux propriétaires des véhicules, peu importe les conditions de circulation. À cela s’ajoute le temps perdu dans les embouteillages et le coût des réparations. Les routes telles que l’avenue Kabinda et 24 Novembre sont impraticables et amplifient nos charges. »

Le secteur du transport repose sur un modèle de financement informel, avec des versements quotidiens imposés par les propriétaires de véhicules. Cette organisation limite la capacité des chauffeurs à ajuster les prix en fonction des fluctuations du carburant. La baisse récente du prix de l’essence, pourtant initiée par un arrêté du gouvernement, ne suffit pas à compenser les coûts inhérents à leur activité. L’absence de régulation tarifaire efficace laisse place à une tarification variable, souvent fixée selon les périodes de pointe ou les contraintes du moment.

L’impact sur le pouvoir d’achat et les recommandations économiques

Les tarifs élevés du transport en commun impactent directement le budget des ménages à Kinshasa, où les dépenses liées au transport peuvent représenter jusqu’à 20 % des revenus mensuels. Dans un contexte de pouvoir d’achat déjà affaibli par l’inflation, cette situation accentue les difficultés financières des ménages les plus vulnérables.

Il devient nécessaire que les autorités locales interviennent pour établir une régulation plus rigoureuse des tarifs du transport, en tenant compte de la réalité économique des chauffeurs, mais aussi du poids financier supporté par les usagers. Un plan de réhabilitation des infrastructures routières, associé à une gestion plus efficace du trafic, pourrait non seulement alléger les charges d’exploitation des chauffeurs, mais aussi stabiliser les prix du transport en commun.

L’amélioration de la fluidité du trafic permettrait une réduction du temps de trajet et, par conséquent, une meilleure rentabilité pour les transporteurs. En outre, l’accès facilité au carburant en station et une réduction des files d’attente augmenteraient l’efficacité opérationnelle du secteur. Ces ajustements pourraient encourager une baisse progressive des tarifs, soulageant ainsi les ménages et stimulant la consommation locale.

Peter MOYI

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