Le Courant des Démocrates Rénovateurs (CDER) exhorte la Banque centrale du Congo à alléger la facture des clients des banques. Dans une communication transmise le jeudi 9 octobre, le parti de Jean-Lucien Bussa cible les frais de virement, de transfert, de tenue de compte et la production des relevés.
Tarification, mobile money et rôle de la BCC
Le message est double. D’un côté, baisser les coûts des opérations pour soutenir l’inclusion financière et la bancarisation. De l’autre, étendre une supervision effective aux services de paiement fournis par les opérateurs télécoms (M-PESA, Orange Money, Airtel Money, etc.). Pour le CDER, l’écosystème des paiements électroniques ne doit pas évoluer en marge du cadre prudentiel : la protection du consommateur, la sécurité des transactions et la cohérence monétaire passent par des règles claires appliquées par l’autorité monétaire.
La formation politique, membre de l’Union sacrée de la Nation, inscrit ce plaidoyer dans la lutte contre la dollarisation. Objectif affiché : restaurer pleinement les fonctions du franc congolais comme unité de compte, moyen d’échange et réserve de valeur. Le parti salue au passage l’action conjointe du gouvernement et de la BCC, estimant que la stabilisation récente crée un terrain plus lisible pour les agents économiques.
Le CDER met en avant deux signaux monétaires récents : une inflation mieux maîtrisée et une appréciation du franc. Ces évolutions, jugées favorables au pouvoir d’achat et à la planification des entreprises, gagneraient à être consolidées par un pilotage tarifaire du secteur bancaire et par une régulation unifiée des paiements numériques. La logique économique est claire : moins de frictions de prix, plus de confiance, davantage de volumes formels.
Sur le levier du crédit, la baisse du taux directeur décidée par la Banque centrale est interprétée par le CDER comme « un signal fort » pour l’investissement, via un coût du financement plus abordable. La transmission de cette orientation à l’économie réelle dépendra de la structure des frais appliqués par les établissements et de la discipline concurrentielle sur les marchés des paiements.
En toile de fond, la place de la BCC est réaffirmée. Le parti appelle l’institution d’émission à garantir l’intégrité du cadre monétaire face aux circuits parallèles de transaction et à veiller à ce que la modernisation des moyens de paiement serve la monnaie nationale plutôt que l’inverse.
— M. KOSI






