Cédric Bakambu, connu pour sa carrière sportive, investit dans l’agriculture en RDC, un secteur stratégique pour l’économie nationale. Son projet « Bak’agri », implanté dans la province du Kongo Central, s’inscrit dans une logique de développement économique et d’emploi. Ce choix n’est pas anodin : la RDC dispose d’environ 80 millions d’hectares de terres arables, soit près d’un tiers de son territoire, un potentiel encore largement sous-exploité.
L’agriculture représente aujourd’hui 22 % du produit intérieur brut congolais, mais elle mobilise près de 60 % de la main-d’œuvre. Ce déséquilibre souligne une faible productivité, due à des infrastructures limitées et un accès insuffisant aux financements adaptés. Dans ce contexte, « Bak’agri » vise à démontrer qu’une gestion professionnelle, appuyée par l’État, peut améliorer le rendement agricole tout en créant des emplois formels.
Lors d’un entretien à Kinshasa avec le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Bakambu a confirmé que son initiative répond aux priorités gouvernementales, notamment la lutte contre le chômage qui touche plus de 70 % des jeunes en RDC. Le ministère, conscient de l’enjeu, projette d’allouer 10 % du budget national à ce secteur pour renforcer les investissements et les mécanismes d’accompagnement.
Le projet, localisé à Kinzamvuete, territoire de Seke Banza, bénéficie désormais d’un encadrement stratégique visant à optimiser ses résultats. Cette collaboration entre le secteur privé et l’État s’inscrit dans une vision où l’agriculture ne serait plus seulement un moyen de subsistance, mais un vecteur de croissance économique. Cette orientation rejoint les recommandations des institutions financières internationales qui appellent à une modernisation du secteur agricole congolais pour diversifier l’économie et stabiliser la sécurité alimentaire.
En capitalisant sur cette approche, la RDC peut espérer une meilleure intégration de ses ressources naturelles dans la chaîne de valeur économique, une condition essentielle pour atténuer la pauvreté endémique et soutenir une croissance plus inclusive. Le suivi de ces initiatives sera crucial dans les mois à venir, à mesure que le gouvernement mettra en œuvre ses engagements budgétaires.
— Peter MOYI

