La RDC veut raccorder plus efficacement Boma au futur axe logistique Banana–Kinshasa–Sakania. En inspection le 24 août, le ministre des Infrastructures John Banza Lunda a identifié plusieurs zones économiques et résidentielles à désenclaver dans la ville. L’enjeu dépasse la mobilité locale, puisque le corridor de plus de 3 300 kilomètres doit à terme relier directement le port en eaux profondes de Banana au Copperbelt congolais et à la frontière zambienne.
Après Muanda et le chantier du port de Banana, la mission gouvernementale dans le Kongo Central s’est déplacée vers Boma. Les perspectives examinées concernent notamment l’Université de l’Alliance chrétienne, le Grand séminaire Abbé Ngidi, le site agricole de CEMA, les installations de Bralima ainsi que les quartiers CEMA, Mont Kinsundi et Kikuku. Cette étape vise à identifier les connexions routières susceptibles d’intégrer davantage la ville au réseau régional en cours de modernisation.
À ce stade, aucune longueur de routes nouvelles, enveloppe financière ou date de lancement propre à ces dessertes de Boma n’a été annoncée. Il s’agit donc encore de perspectives d’aménagement examinées par le gouvernement, et non de nouveaux chantiers déjà financés et attribués.
L’intérêt économique se trouve plutôt dans leur connexion au corridor national. Selon l’Agence congolaise des grands travaux, l’axe Banana–Sakania doit dépasser 3 300 kilomètres et relier la façade atlantique aux bassins miniers du Haut-Katanga et du Lualaba en passant par Kinshasa, le Grand Kasaï et plusieurs provinces du centre. L’ACGT estimait en avril qu’environ 850 kilomètres de sections critiques devaient encore être construits ou réhabilités pour obtenir une continuité routière à l’horizon 2027.
Boma doit trouver sa place entre Banana et Matadi
La question est particulièrement sensible pour Boma. Historiquement intégrée au commerce maritime congolais, la ville se retrouve désormais entre Matadi et un futur port de Banana conçu pour recevoir des navires de plus grand tirant d’eau. Son avenir logistique dépendra donc aussi de la qualité de ses connexions terrestres avec ces nouvelles infrastructures.
John Banza estime que la modernisation parallèle de la RN1 et de la RN16 doit faciliter l’évacuation du fret entre la façade atlantique, Kinshasa et l’intérieur du pays. La RN16 fait également partie des axes que la mission actuelle doit inspecter en direction du Kwango et du Kwilu.
Le gouvernement cherche ainsi à éviter qu’un port moderne soit relié à l’économie nationale par une succession de goulots d’étranglement routiers. Sur le seul corridor, les investissements doivent permettre à terme aux cargaisons de circuler de Banana vers Kinshasa puis les provinces minières sans dépendre systématiquement des ports et corridors étrangers.
Cette ambition reste cependant soumise à l’exécution physique des travaux. Les 850 kilomètres encore à construire ou réhabiliter représentent environ un quart de la longueur totale annoncée du corridor, selon un calcul de Lepoint.cd. La performance ne se mesurera donc pas seulement au nombre de villes inspectées, mais aux kilomètres effectivement ouverts, aux ponts achevés et à la réduction mesurable des coûts de transport.
Pour Boma, l’enjeu est déjà identifiable. Si les liaisons vers ses quartiers, sites agricoles et industriels sont intégrées au futur corridor, la ville peut conserver une fonction économique dans la nouvelle géographie logistique du Kongo Central, plutôt que de regarder les grands flux se déplacer directement entre Banana, Matadi et Kinshasa.
H. KABAMBA









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