Kinshasa veut réorganiser son marché de la publicité extérieure. Le nouveau Plan cadastral publicitaire présenté le 24 août prévoit le retrait d’au moins 50 % des structures jugées non conformes et accorde six mois aux régies et annonceurs pour s’adapter. Pour les opérateurs, cette réforme signifie désormais davantage de contrôle sur les emplacements, mais aussi des investissements potentiels pour remplacer certaines bâches et structures traditionnelles.
Le gouvernement provincial de Kinshasa a officiellement présenté son nouveau Plan cadastral publicitaire, élaboré avec l’Autorité de régulation et de gestion de la publicité de Kinshasa, ARGPK. Daniel Bumba a annoncé que la moitié au moins des structures publicitaires considérées comme non conformes aux normes devront être retirées. Les opérateurs disposent d’un moratoire de six mois avant l’application des sanctions.
La mesure touche directement les régies publicitaires, les annonceurs et les propriétaires de supports implantés dans la capitale. Les écoles, cimetières et camps militaires figurent parmi les espaces où l’affichage est interdit. L’Hôtel de Ville vise également les installations placées sur des infrastructures publiques, notamment les murs des sauts-de-mouton, ainsi que les affichages réalisés sans autorisation par des églises, artistes ou autres acteurs.
Cette réforme arrive après plus d’un an de gel du marché. En février 2025, Kinshasa avait interdit toute nouvelle implantation de dispositifs publicitaires dans l’attente d’un état des lieux et d’un nouveau cadastre. Cette interdiction était encore officiellement maintenue en février 2026. Le plan présenté cette semaine doit désormais servir de référence pour déterminer où et sous quelles conditions de nouveaux supports pourront être autorisés.
Six mois pour revoir les emplacements et les supports
Pour les entreprises du secteur, les six prochains mois constituent surtout une période de mise en conformité. Le gouvernement veut que tout nouvel affichage passe par les services compétents de l’ARGPK et annonce une transition progressive des bâches vers des dispositifs numériques, notamment les écrans LED.
Cette orientation peut modifier l’économie du marché publicitaire à Kinshasa. Les supports numériques demandent généralement davantage d’investissement initial, d’électricité, de maintenance et de technologie que les bâches classiques, mais ils permettent aussi de diffuser plusieurs campagnes sur un même emplacement et de mieux valoriser certains axes très fréquentés.
Pour les annonceurs, le changement le plus important sera toutefois la disponibilité des emplacements. Si au moins 50 % des structures jugées irrégulières disparaissent effectivement, les espaces conformes situés sur les grands axes pourraient gagner en valeur commerciale. La réforme peut donc réduire le nombre de panneaux tout en augmentant potentiellement la valeur des emplacements autorisés.
Le pourcentage annoncé doit néanmoins être lu avec prudence. Aucun inventaire public indiquant le nombre total de structures publicitaires installées à Kinshasa n’accompagne pour l’instant l’annonce. Le chiffre de 50 % représente donc une cible de retrait des dispositifs non conformes, et non encore un nombre précis de panneaux à démanteler.
Le véritable test commencera à l’issue du moratoire. Pour les régies, agences et grandes marques présentes à Kinshasa, l’enjeu sera de savoir quels emplacements resteront exploitables, quelles structures devront être remplacées et quelles conditions réglementaires et financières accompagneront les nouvelles autorisations. Le Plan cadastral peut assainir le marché, mais il peut aussi redessiner la valeur commerciale de la publicité extérieure dans une ville de plusieurs millions de consommateurs.
Noella NGOLA









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