Le cuivre a terminé la semaine autour de 14 238 USD la tonne sur le London Metal Exchange, en baisse de 1,2 % sur cinq séances après avoir inscrit un record à 14 875 USD. Le recul met fin à dix semaines consécutives de progression, sans toutefois effacer les tensions d’offre qui maintiennent les cours à des niveaux particulièrement favorables aux grands pays producteurs comme la RDC.
Le cuivre vient d’enregistrer sa première baisse hebdomadaire depuis juin. Vendredi 11 septembre, le contrat à trois mois du London Metal Exchange évoluait à 14 238 USD la tonne à 16 heures GMT, après avoir perdu 3,6 % la veille. Le métal avait touché jeudi un record historique de 14 875 USD, avant qu’un mouvement rapide de prises de bénéfices ne ramène le marché près de 14 200 USD. Sur l’ensemble de la semaine, le recul ressort à environ 1,2 %, mettant fin à une série de dix semaines de hausse.
Les données disponibles en début de séance vendredi faisaient encore apparaître 14 221 USD et un repli hebdomadaire attendu de 1,4 %. La stabilisation intervenue ensuite a légèrement réduit la perte à la clôture. Le sommet de jeudi reste cependant supérieur d’environ 4,5 % au niveau atteint vendredi, d’après le calcul de notre rédaction.
Le déclencheur immédiat du retournement est venu de Washington. Reuters a rapporté que la Maison-Blanche n’avait pas encore tranché sur l’instauration de nouveaux droits de douane sur le cuivre raffiné. L’administration américaine doit arbitrer entre son objectif de renforcer les capacités minières et métallurgiques nationales et le risque qu’une taxation des importations augmente les coûts des industriels américains. Une proposition prévoit un droit de 15 % à partir de janvier 2027, puis 30 % en 2028, mais aucune décision définitive n’a encore été prise.
Cette incertitude a retiré une partie de la prime spéculative accumulée ces dernières semaines. Les analystes de Sucden Financial estiment que les volumes importants observés pendant la baisse de jeudi traduisent une réduction sensible de l’exposition au risque. Ils considèrent toutefois que les tensions physiques du marché devraient limiter l’ampleur d’un éventuel mouvement baissier.
Les stocks restent suffisamment serrés pour soutenir les prix
Les données de stocks expliquent en partie pourquoi le marché ne bascule pas encore vers une correction plus profonde. Les stocks disponibles de cuivre au LME sont restés à 117 600 tonnes. En Chine, les stocks suivis par le Shanghai Futures Exchange ont reculé de 13 % en une semaine à 54 780 tonnes, leur plus bas niveau depuis janvier 2024.
Un indicateur montre néanmoins que la tension immédiate s’est détendue. La structure des prix du LME est passée jeudi en contango, situation dans laquelle les contrats à terme deviennent plus chers que la livraison immédiate. Le cuivre au comptant se négociait avec une décote d’environ 4,50 USD par tonne par rapport au contrat à trois mois. Cette configuration contraste avec la forte tension observée précédemment sur les disponibilités immédiates.
Pour la République démocratique du Congo, le mouvement reste à surveiller davantage comme une correction d’un marché très élevé que comme un retournement de tendance établi. Le pays a exporté 1,724 million de tonnes de cuivre au premier semestre 2026, soit environ 12 % de plus qu’un an auparavant, selon les statistiques minières provisoires du ministère des Mines. La RDC avait déjà atteint environ 3,4 millions de tonnes d’exportations en 2025.
Un cours supérieur à 14 000 USD demeure favorable à la valeur des exportations congolaises, aux revenus des producteurs et, indirectement, aux recettes publiques liées au secteur. L’effet budgétaire réel ne peut toutefois pas être obtenu en multipliant simplement les volumes exportés par le cours LME. Les qualités de produits, les dates de fixation des prix, les contrats commerciaux, les coûts de traitement et les différents régimes fiscaux modifient la valeur effectivement encaissée.
Le prochain test du marché sera donc double. Les investisseurs suivront d’une part la décision américaine sur le cuivre raffiné et, d’autre part, l’évolution des stocks hors États-Unis. Tant que les disponibilités physiques resteront faibles, la correction observée cette semaine ne suffira pas à invalider les facteurs qui ont poussé le cuivre jusqu’à 14 875 USD.
Peter MOYI









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