La Banque centrale du Congo, BCC, assume un choix clair, laisser le franc congolais se raffermir pour casser la poussée des prix. Les derniers chiffres montrent une inflation qui retombe et une monnaie nationale qui s’apprécie nettement par rapport à la fin 2024.
Selon le vice-gouverneur, la clé se trouve dans deux leviers, l’actualisation du taux de change utilisé pour calculer la réserve obligatoire des banques et une meilleure coordination des politiques budgétaire et monétaire. En pratique, la BCC recalcule la part des dépôts que chaque banque doit bloquer à partir d’un taux de change plus proche du marché. Ce réglage joue sur la liquidité disponible et donc sur la pression exercée sur le dollar.
Quand le franc se renforce, la hausse des prix ralentit
Sur la troisième semaine de novembre 2025, l’inflation hebdomadaire atteint 0,3 %, contre 0,01 % une semaine plus tôt. Le chiffre peut paraître modeste, l’enjeu se lit surtout sur un an. En glissement annuel, les taux tombent à 1,48 % et 2,26 % selon les indicateurs suivis, alors qu’à la même période de 2024 ils se situaient encore à 10,84 % et 13,14 %. La différence est nette, le rythme de hausse des prix a été divisé par plus de quatre en un an. Pour les ménages, cela signifie que la perte de pouvoir d’achat se fait moins sentir, même si les revenus n’augmentent pas au même rythme.
Cette détente sur les prix va de pair avec un franc congolais plus solide. Sur une semaine, la monnaie nationale gagne 0,54 % sur le marché indicatif, le segment officiel, et 0,03 % sur le marché parallèle. Sur une période plus longue, la rupture est encore plus visible. Par rapport à fin décembre 2024, le franc affiche une appréciation de 29,4 % à l’indicatif et de 27,72 % au parallèle. Concrètement, chaque dollar coûte moins de francs qu’il y a un an, ce qui rend les importations un peu moins chères et limite le coût des produits importés dans le panier de la ménagère.
Pour la BCC, cette phase reste fragile. Le vice-gouverneur insiste sur trois chantiers, surveiller de près le marché de change afin de prévenir tout dérapage, gérer finement la liquidité dans le système bancaire pour éviter un excès de crédits en dollars, accélérer les réformes structurelles afin d’élargir la base productive. Sans une économie réelle plus diversifiée, la stabilité actuelle du franc et de l’inflation resterait dépendante des ajustements techniques de la politique monétaire.
M. KOSI


