Le Gouvernement congolais revient sur le marché financier local avec une émission d’obligations du Trésor en dollars d’un montant de 40 millions USD, mise aux enchères le 2 décembre 2025, ces titres porteront un taux d’intérêt de 9 %, pour une durée de 18 mois.
Un emprunt en dollars, entre gestion de trésorerie et signal au marché
Le mécanisme est connu, l’État propose des obligations, les investisseurs prêtent leurs fonds en dollars, et reçoivent des intérêts à 9 % jusqu’à l’échéance de 18 mois, ce type de papier vise d’abord les banques, les sociétés financières et quelques grandes entreprises qui détiennent des liquidités en devise.
Sur le plan budgétaire, cette opération s’inscrit dans la volonté de renforcer la mobilisation de ressources à l’intérieur du pays, au lieu de s’appuyer uniquement sur des prêts extérieurs, en pratique, le Trésor utilise ces émissions pour lisser ses besoins de trésorerie et financer des priorités comme les infrastructures, l’énergie, la sécurité alimentaire ou certains services sociaux de base, l’intérêt pour l’État, emprunter en s’adressant directement au marché local, dans une devise jugée plus stable que le franc congolais.
Les données récentes de la Banque Centrale du Congo donnent la température du marché, au 12 novembre 2025, l’encours total des titres publics atteignait 4 953,2 milliards de CDF, contre 4 933,4 milliards de CDF une semaine plus tôt, la hausse existe, mais elle reste modérée, ce qui traduit un rythme de souscription plus calme que lors d’autres périodes.
Pour les investisseurs, ces obligations du Trésor en dollars combinent plusieurs éléments, un rendement de 9 % sur 18 mois, la protection offerte par une devise forte, et une signature souveraine, ce niveau de taux reste attractif dans la région, surtout pour des acteurs qui cherchent à placer des dollars sur un horizon relativement court, la contrepartie, les souscripteurs portent un risque lié à la situation budgétaire et à la capacité de l’État à honorer ses engagements, même si les autorités ont, ces dernières années, multiplié les émissions afin d’installer une relation plus régulière avec le marché.
Cette nouvelle adjudication jouera donc un double rôle, outil concret de financement pour le Trésor, et test de confiance pour le marché financier congolais, le niveau de participation donnera une indication utile sur l’appétit des investisseurs pour la dette publique en dollars, dans un contexte où la conjoncture reste fragile et où la gestion de la dette intérieure devient un sujet central.
M. KOSI


