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Derrière le surplus budgétaire de juillet : l’envers d’un équilibre précaire à la loupe

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Au 23 juillet 2025, les recettes publiques de la RDC affichent une performance inattendue. Selon la Banque Centrale du Congo, 2 618 milliards de Francs congolais — soit plus de 908 millions de dollars — ont été collectés par les principales régies financières. Cette mobilisation traduit une montée en puissance de l’administration fiscale, sur fond de contrôle accru et de pressions économiques multiples.

La DGI mène le mouvement avec 1 767,7 milliards de CDF récoltés, représentant près de 68 % du total. Cette proportion dominante confirme que l’impôt sur le revenu, les sociétés et la TVA constituent toujours le socle de la recette fiscale congolaise. La Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA), elle, apporte 488,5 milliards de CDF (environ 169 millions USD), tandis que la DGRAD complète avec 361,9 milliards de CDF.

Sur le plan technique, cette dynamique s’explique par le calendrier fiscal : l’échéance du deuxième acompte de l’impôt sur les bénéfices et profits (IBP) a dopé les encaissements de juillet. D’ailleurs, la BCC signale que, six jours avant la clôture du mois, l’État a déjà engrangé 3 170,7 milliards de CDF, dépassant l’objectif prévisionnel de 3 120 milliards. Une telle avance traduit une organisation fiscale mieux huilée, capable d’anticiper les besoins de trésorerie de l’État.

Dépenses publiques et équilibre fragile : la vigilance reste de mise

Si les recettes progressent, les sorties suivent le même rythme : les dépenses prévues pour juillet atteignent 3 432 milliards de CDF. Le solde provisoire affiche un excédent budgétaire de 50,7 milliards, un chiffre qui mérite nuance. D’un côté, ce léger surplus témoigne des efforts pour contenir le déficit ; de l’autre, il souligne la fragilité de l’équilibre, alors que la pression sur les finances publiques demeure constante.

Les experts pointent une dépendance forte aux recettes fiscales directes et une sensibilité accrue aux variations de la conjoncture économique, notamment l’inflation et la volatilité du franc congolais. Cette situation appelle à poursuivre la sécurisation des recettes et à renforcer le contrôle des dépenses. Sans une réforme profonde de la gestion publique, chaque excédent reste éphémère.

Les prochains mois seront décisifs. L’enjeu : transformer ces gains fiscaux en investissements durables, tout en maintenant la confiance des bailleurs et des marchés. Un défi majeur pour Kinshasa, dans un contexte de croissance sous contrainte et d’attentes sociales élevées.

— Peter MOYI

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