DRC Mining Week 2026 : les miniers appellent l’État à mieux répartir les rôles

À Lubumbashi, la Chambre des mines de la FEC a appelé à recentrer les entreprises minières sur leur mission principale : produire, transformer et créer de la valeur. Son président, Kasongo Bin Nassor, estime que les routes, l’énergie et la logistique doivent relever d’acteurs spécialisés et de politiques publiques adaptées.

La Rédaction

À Lubumbashi, la Chambre des mines de la FEC a appelé à recentrer les entreprises minières sur leur mission principale : produire, transformer et créer de la valeur. Son président, Kasongo Bin Nassor, estime que les routes, l’énergie et la logistique doivent relever d’acteurs spécialisés et de politiques publiques adaptées.

À l’ouverture de la 21ᵉ édition de la DRC Mining Week, Kasongo Bin Nassor a posé un débat de fond sur l’avenir du secteur minier congolais. Pour le président de la Chambre des mines de la Fédération des entreprises du Congo, les sociétés minières ne peuvent plus être attendues sur tous les fronts à la fois. Elles doivent investir dans l’exploration, la production, la transformation et la création de valeur, mais ne peuvent pas remplacer durablement l’État ni les opérateurs spécialisés dans les infrastructures.

Devant les décideurs publics, les investisseurs et les acteurs du secteur réunis à Lubumbashi, il a plaidé pour une meilleure organisation de l’écosystème minier. Selon lui, demander aux entreprises minières de construire les routes, produire l’électricité, assurer le transport et gérer la logistique revient à fragiliser leur compétitivité.

« Les entreprises minières ont vocation à explorer, produire, transformer, investir et créer de la valeur. Il est déstabilisant, voire fragilisant, que de leur demander de tout faire », a déclaré Kasongo Bin Nassor. Il a aussi rappelé que les infrastructures, l’énergie et les services structurants exigent des politiques cohérentes ainsi que des investissements dédiés.

Infrastructures, énergie et compétences locales au cœur du débat minier

Pour la Chambre des mines, la transformation locale des minerais ne dépend pas seulement des usines ou des capitaux. Elle exige aussi une énergie fiable, des routes praticables, des chaînes logistiques efficaces et une main-d’œuvre congolaise qualifiée. Sans ces conditions, la RDC risque de rester un grand pays producteur, mais avec une création de valeur encore limitée sur son propre territoire.

Kasongo Bin Nassor a insisté sur la place de la jeunesse congolaise dans cette ambition industrielle. « La transformation locale de nos minerais ne peut réussir sans la jeunesse congolaise. Nos jeunes sont la première richesse de ce pays », a-t-il affirmé, en appelant à leur formation, leur qualification et leur intégration dans la chaîne de valeur minière.

Selon lui, chaque projet minier devrait aussi devenir une opportunité pour renforcer les PME congolaises, développer les compétences techniques, soutenir l’ingénierie locale et stimuler l’entrepreneuriat. Cette approche permettrait de mieux connecter l’industrie extractive au reste de l’économie nationale.

Le président de la Chambre des mines a également rappelé que l’attractivité de la RDC ne repose plus seulement sur l’abondance de ses ressources naturelles. Les investisseurs regardent aussi la qualité des infrastructures, la disponibilité de l’électricité, la fluidité de la logistique et la stabilité du cadre réglementaire.

Dans ce contexte, le secteur minier peut rester un moteur de croissance, mais son impact sera plus fort si les investissements autour des mines profitent aussi aux autres secteurs de l’économie. La prochaine étape attendue reste donc la mise en place de partenariats concrets entre l’État, les entreprises minières, les investisseurs spécialisés et les PME locales.

— M. MASAMUNA

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