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En 2025, l’ARE annonce 13 500 GWh produits en RDC, contre 12 400 GWh un an plus tôt

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En 2025, l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE) revendique une année d’activité soutenue, avec un effet mesurable sur l’énergie produite. D’après ses chiffres, la production électrique est passée de 12 400 GWh à 13 500 GWh sur l’année. Cela représente 1 100 GWh supplémentaires. Dit autrement, le système a livré plus d’électricité qu’en 2024, mais l’enjeu reste la même question pour l’économie : cette progression se traduit-elle en courant disponible de façon régulière pour les ménages et pour les entreprises.

Le régulateur indique avoir instruit 104 dossiers couvrant les six segments du secteur, production, transport, distribution, commercialisation, importation et exportation, en incluant aussi des demandes de certification d’installations électriques et des requêtes liées au statut de client éligible. Cette charge de travail est un indicateur institutionnel important. Dans un secteur sous tension, la vitesse de traitement des dossiers pèse sur le calendrier des investissements et, au bout de la chaîne, sur le coût de l’électricité et la stabilité de l’alimentation.

Sur le plan technique, l’ARE met en avant le portefeuille traité dans le segment de la production. En 2025, elle dit avoir examiné 23 projets pour une capacité installée totale de 1 951,3 MW. Ce chiffre désigne une puissance maximale théorique. Il ne faut pas le confondre avec l’énergie réellement livrée, mesurée en GWh. La capacité indique ce que les centrales peuvent produire à un instant donné, l’énergie indique ce qu’elles ont effectivement produit sur une période. Entre les deux, tout dépend du facteur de charge, de la disponibilité des équipements et, point critique en RDC, de la capacité du réseau à transporter et distribuer l’électricité.

Dans ces 23 projets, l’ARE distingue deux blocs. Le premier concerne 16 licences solaires photovoltaïques totalisant 772,32 MW, soit 39,6 % de la capacité annoncée. Le second couvre 7 concessions hydroélectriques totalisant 1 178,98 MW, soit 60,4 % du total. La lecture économique est claire. Le solaire peut accélérer l’électrification via des mini-réseaux et des projets modulaires, mais sa production varie selon l’ensoleillement et requiert souvent du stockage ou une bonne gestion du réseau. L’hydroélectricité, elle, offre en principe une production plus pilotable, mais dépend de la qualité des ouvrages, de la maintenance et de la disponibilité des infrastructures de transport.

L’ARE affirme aussi que les projets approuvés en 2025 devraient ajouter près de 2 000 MW. Ici encore, il s’agit d’un potentiel. Pour qu’il se transforme en kilowattheures consommés, il faut que les projets atteignent le stade de construction, puis d’exploitation, et que les lignes et postes de transformation suivent. Sans cette continuité, l’augmentation de capacité reste un chiffre sur papier, sans effet direct sur les coupures ni sur la compétitivité des entreprises.

Plus de capacités annoncées, mais le réseau peut-il absorber et livrer l’électricité

Le régulateur cite plusieurs avis conformes accordés à des opérateurs actifs dans différentes provinces, signe d’une présence administrative élargie. Parmi les projets mentionnés, Soleil de Garamba pour une centrale solaire en mini-réseaux à Dungu, dans le Haut-Uélé. L’ARE évoque aussi Ituri Energy pour l’électrification de Aru, Mahagi et Ariwara en Ituri, ainsi que des dossiers liés à KATAMBA MINING SAS et GUJARAT DRC SA dans le Haut-Katanga. Autre cas cité, CONGO SOL pour l’alimentation d’une nouvelle cimenterie à Lukala, au Kongo Central, un exemple qui illustre le lien direct entre énergie et industrie, une cimenterie fonctionne en continu, et chaque heure d’arrêt renchérit les coûts et réduit la production.

La question centrale, au-delà de l’activité de régulation, concerne l’efficacité économique du système. Une hausse de production à 13 500 GWh peut soutenir l’activité, réduire le recours aux groupes électrogènes et améliorer le fonctionnement des services. Mais l’impact dépend de la qualité de la chaîne complète, production, transport, distribution, et de la discipline technique sur les raccordements et la certification des installations. Dans ce cadre, les 104 dossiers traités donnent une photographie d’un régulateur très sollicité, mais l’indicateur décisif pour le pays reste la continuité de service, la capacité du réseau à évacuer l’énergie, et la traduction de ces projets en électricité effectivement livrée aux ménages et aux entreprises.

M. MASAMUNA

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