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En trois mois, le franc gagne plus de 20 %, l’inflation reste à 1,56 % et les recettes atteignent 26 265,3 milliards CDF contre 25 658,8 prévus.

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Last updated: décembre 9, 2025 11:44 am
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il y a 6 mois
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taux de change dollar vs franc congolais
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Le franc congolais reste autour de 2 230 CDF pour 1 dollar, l’inflation tourne autour de 2 % l’an et les recettes de l’État dépassent les prévisions officielles. Les tableaux publiés par la Banque centrale du Congo au 9 décembre 2025 montrent une économie en phase d’accalmie monétaire, avec des questions qui restent ouvertes pour le budget et le quotidien des ménages.

Un franc plus fort, des prix contenus et des recettes toujours au rendez-vous

Sur le marché indicatif, 1 dollar s’échange à 2 228,9241 CDF. Entre le 6 et le 8 décembre, le taux de change reste dans une fourchette très étroite autour de ce niveau. Le mouvement est net si l’on remonte quelques mois en arrière. Fin août 2025, le dollar valait encore 2 858,9 CDF. Fin septembre, il tombe à 2 605,5 CDF, puis à 2 247,87 CDF à la fin octobre et 2 218,7 CDF fin novembre. En trois mois, le franc récupère plus de 20 % de sa valeur face au dollar, avant de se stabiliser autour de 2 220 – 2 230 CDF début décembre.

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Le franc congolais reste autour de 2 230 CDF pour 1 dollar, l’inflation tourne autour de 2 % l’an et les recettes de l’État dépassent les prévisions officielles. Les tableaux publiés par la Banque centrale du Congo au 9 décembre 2025 montrent une économie en phase d’accalmie monétaire, avec des questions qui restent ouvertes pour le budget et le quotidien des ménages.Un franc plus fort, des prix contenus et des recettes toujours au rendez-vous

Ce parcours reflète la ligne suivie par la Banque centrale. Elle retire une partie de la liquidité en francs sur le marché, propose des rendements élevés sur ses bons et intervient au besoin sur le marché des changes. L’idée est simple : rendre la spéculation contre le franc coûteuse et maintenir la confiance dans la monnaie nationale.

Les chiffres des prix vont dans le même sens. Pour la semaine close le 6 décembre 2025, l’inflation hebdomadaire s’élève à 0,045 %. En cumul annuel, le niveau atteint 1,56 %. En glissement annuel, c’est-à-dire par rapport à la même période de 2024, le taux ressort à 2,094 %, tandis que l’inflation annualisée s’établit à 1,656 %. Autrement dit, les prix continuent d’augmenter, mais doucement, loin des poussées observées ces dernières années.

Cette évolution tient à plusieurs facteurs. Le franc plus fort limite le coût des produits importés quand on les paie en monnaie locale. Certains prix internationaux reculent. La politique monétaire reste très serrée. Le taux directeur est fixé à 17,50 % depuis le 7 octobre 2025. Les bons BCC offrent des rendements de 12,96 % à 7 jours, 16,57 % à 28 jours et 15,95 % à 84 jours, avec un taux marginal de 17,50 % sur toutes les maturités. Pour les banques, emprunter en francs reste donc cher, ce qui freine les excès de crédit et les mouvements brusques sur le marché de change.

Dans ce contexte, la BCC insiste sur la tenue des recettes publiques. Dans un communiqué appuyé par un graphique, elle affirme qu’« une analyse graphique démontre que l’appréciation du franc congolais sur le marché des changes n’a pas freiné la mobilisation des recettes publiques ». Les données présentées montrent que les encaissements restent au-dessus des assignations.

Au mois de novembre 2025, les recettes mobilisées par le Trésor atteignent 26 265,3 milliards de CDF pour des prévisions de 25 658,8 milliards. Le taux de réalisation s’établit ainsi à 102,3 %. Sur le graphique, la courbe des recettes effectives reste au-dessus de celle des prévisions tout au long de l’année. Pour la BCC, cela prouve que la hausse du franc ne casse pas la capacité de l’État à percevoir les impôts, les droits et les taxes inscrits au Plan de trésorerie.

Les chiffres d’octobre allaient déjà dans la même direction. Les recettes cumulées atteignaient alors 23 727,7 milliards de CDF, pour des assignations de 22 422,4 milliards. L’écart positif dépassait 1 300 milliards de CDF. Novembre prolonge cette tendance, avec une marge qui se réduit mais reste positive.

Derrière ces totaux, le débat reste présent. Des voix au sein du gouvernement rappellent qu’il faut regarder la composition de ces recettes : poids des avances fiscales, performance réelle des douanes, qualité des paiements des grandes entreprises, régularité des flux. Le risque est de confondre encaissements anticipés et amélioration durable de la base fiscale.

Pour les ménages, la situation est plus nuancée. Un franc plus solide et une inflation proche de 2 % évitent une envolée des prix comme celle vécue lors des périodes de forte dépréciation. Les biens importés en CDF coûtent moins cher ou augmentent moins vite. Cela allège un peu la pression sur le pouvoir d’achat, même si les salaires n’évoluent pas au même rythme, surtout dans le secteur informel où de nombreux revenus restent faibles et irréguliers.

Les entreprises importatrices profitent aussi d’un dollar moins cher. Le coût de leurs intrants baisse, ce qui peut améliorer leurs marges ou leur permettre de stabiliser leurs prix de vente. Les sociétés qui exportent, en revanche, encaissent leurs revenus en devise, puis les convertissent en francs. Quand le franc se renforce, la même quantité de dollars se traduit par moins de CDF. Si les volumes exportés n’augmentent pas ou si les prix internationaux reculent, la rentabilité peut se contracter.

Pour les finances publiques, la Banque centrale met en avant la solidité de la mobilisation des recettes et cherche à montrer que la consolidation monétaire ne se fait pas au détriment du budget. Le message est adressé aux marchés, aux partenaires extérieurs comme le FMI et aux autorités nationales : l’État continue de payer ses factures et de financer ses priorités, malgré un franc plus fort.

Reste une question centrale : cette phase de franc robuste et d’inflation basse peut-elle durer et soutenir la croissance ? La politique monétaire reste très dure, et donc coûteuse pour le crédit à l’économie. L’enjeu est de trouver le bon rythme pour ne pas relancer la dépréciation, tout en laissant de l’espace au financement de l’investissement, aux programmes sociaux et aux besoins sécuritaires, notamment à l’Est du pays.

La suite dépendra de la capacité à mieux coordonner la politique budgétaire et la politique monétaire. Il faudra aussi publier des chiffres clairs sur la structure des recettes et des dépenses, pour renforcer la confiance. Si cette transparence progresse, la période actuelle de franc fort et de prix maîtrisés peut devenir un socle pour une trajectoire de stabilité plus durable pour l’économie congolaise.

— M. KOSI

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