À la veille des congés du Nouvel An lunaire en Chine, le cuivre a baissé sur les marchés, sur fond de prises de bénéfices et de demande en retrait. À Shanghai, le contrat le plus échangé a reculé de 1,97 % à 100 660 yuans la tonne (soit 14 576,79 dollars), même s’il reste en hausse de 0,65 % sur la semaine.
Le mouvement s’observe aussi à Londres, où le « métal rouge » s’oriente à la baisse et entraîne le reste du compartiment des métaux industriels. En clair, une partie des investisseurs allège ses positions avant la pause des marchés liée aux congés en Chine, pays qui pèse lourd dans la consommation mondiale de cuivre.
Ce que disent les signaux de marché sur la demande immédiate
Plusieurs indicateurs pointent vers un ralentissement des achats chinois à l’approche des congés. Le marché au comptant (spot), qui concerne les livraisons immédiates, donnait récemment un prix supérieur aux contrats à terme, ce qui traduisait une demande pressante. Cette situation s’est retournée : le spot affiche désormais une décote de 60 yuans par rapport aux prix à terme. Autrement dit, les acheteurs paient moins pour une livraison tout de suite, ce qui suggère qu’ils sont moins pressés de se fournir.
Autre signal : la prime Yangshan, souvent suivie pour évaluer l’appétit chinois pour le cuivre importé. Cette prime représente, de manière simplifiée, un surcoût que les acheteurs acceptent de payer pour faire venir du métal depuis l’étranger. Quand elle baisse, cela signifie en général que l’envie d’importer se tasse.
Pour les ménages, ces variations ne se voient pas directement sur une étiquette en magasin. Mais pour l’économie, le cuivre reste un baromètre utile : il entre dans les câbles électriques, la construction, l’électronique et une partie des équipements industriels. Quand la demande chinoise ralentit, les prix peuvent se détendre, et cela influence ensuite les marges des producteurs et le coût de certains intrants industriels.
— M. MASAMUNA

