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Facilitation des échanges : la RDC active son partenariat avec la Banque mondiale pour moderniser les postes frontaliers

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Le gouvernement congolais et la Banque mondiale ont décidé d’accélérer la mise en œuvre du Projet de facilitation du commerce et d’intégration dans la région des Grands Lacs (PFCIGL). Réunis à Kinshasa le 9 décembre 2025, ils ont confirmé un agenda plus serré pour construire ports, marchés transfrontaliers et routes au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, malgré l’insécurité qui persiste à l’Est du pays.

Ce projet vise à rendre les échanges plus simples et moins coûteux pour les opérateurs, en particulier pour les petits commerçants qui vivent du commerce transfrontalier. Derrière les sigles et les réunions techniques, l’objectif est concret : mieux relier les villes frontalières, réduire les tracasseries et fluidifier la circulation des marchandises dans le cadre du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA).

Des infrastructures et des règles plus simples aux frontières

La délégation de la Banque mondiale, conduite par Patrice Savadogo, spécialiste principal des forêts et représentant le directeur-pays, et le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, ont passé en revue l’état d’avancement du PFCIGL. Ils se sont accordés pour accélérer la construction ou la modernisation des ports, marchés et routes dans les deux provinces du Kivu, afin que les effets se fassent sentir plus vite sur le terrain.

Un point fort de la rencontre a été le lancement, le 30 octobre, du Régime commercial simplifié (RECOS) entre la RDC et le Burundi. Ce dispositif offre des facilités administratives et fiscales aux petits commerçants transfrontaliers. Il doit réduire les coûts et les délais pour les personnes qui passent la frontière avec des petites quantités de marchandises, souvent pour nourrir leur famille ou alimenter les marchés locaux. Cette avancée a été saluée par la Banque mondiale, qui y voit un signal positif pour la formalisation du petit commerce.

La réunion a aussi permis de présenter officiellement la nouvelle chargée du projet PFCIGL, Marie Christine Apedo-Amah, qui remplace Magueye Dia arrivé en fin de mandat. Julien Paluku a remercié la Banque mondiale pour son soutien continu à la construction et à la modernisation des infrastructures commerciales en RDC. Il a rappelé que le pays a déjà ratifié l’Accord sur la facilitation des échanges de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ce qui engage le gouvernement à simplifier les procédures, améliorer les postes frontières et renforcer la transparence.

Pour les commerçants de Goma, Bukavu et des postes frontaliers voisins, l’enjeu est très concret : moins de temps perdu aux barrières, moins de frais imprévus, plus de sécurité dans les transactions. Le succès du PFCIGL dépendra désormais de la capacité de l’État et de ses partenaires à transformer ces décisions en chantiers visibles et en pratiques plus simples aux frontières.

— M. KOSI

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