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Financements innovants et transition énergétique : le défi de Ève bazaïba pour un développement décarboné

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Kinshasa, RDC – Le 3 juin 2024, la 20ème réunion des Parties du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo (PFBC) a débuté sous la présidence d’Ève Bazaïba, ministre de l’Environnement. Cet événement, qui se poursuivra jusqu’au 5 juin, met en avant le thème de l’accélération de la protection et de la gestion durable des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale.

Prosper Dodiko, ministre burundais de l’Environnement et président de la Commission des forêts d’Afrique centrale, a ouvert les débats en mettant l’accent sur l’urgence climatique. « Nous avons longtemps parlé de changement climatique, mais ce n’est pas une théorie. Tous les pays en subissent les conséquences. Cela signifie que nos interventions doivent être à la hauteur des défis que nous affrontons, » a-t-il affirmé avec vigueur.

Ève Bazaïba, quant à elle, a souligné la nécessité de concilier les besoins des populations locales avec la protection des forêts. « Nous devons concilier le besoin de l’oxygène et celui du pain. Les forêts sont leur garde-manger, leur pharmacie, leur quotidien. À l’aube de la transition énergétique, la mobilisation des financements innovants doit se concentrer sur des modes de développement économique décarboné, tout en tenant compte des priorités et besoins des populations, » a-t-elle déclaré.

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Les discussions de cette réunion visent à évaluer la mise en œuvre des recommandations de la réunion précédente tenue à Libreville en 2022, à préparer la région pour les futures conventions internationales telles que la COP29 CCNUCC, COP16 CDB, et COP16 Désertification, à forger des consensus sur des enjeux clés incluant la gouvernance du PFBC, à engager un dialogue stratégique entre les pays de la COMIFAC et les pays donateurs concernant les financements pour la préservation des forêts, et à évaluer les Objectifs de Développement Durable (ODD) en rapport avec l’environnement, notamment l’objectif 17 sur le partenariat.

Depuis 2002, le PFBC a réuni près de 130 partenaires organisés en 7 collèges, travaillant ensemble pour répondre aux enjeux régionaux avec des solutions collectives et inclusives. Le succès de cette réunion dépendra en grande partie de la capacité des participants à mobiliser des financements innovants pour soutenir un développement économique décarboné. La transition énergétique, essentielle pour limiter les effets du changement climatique, nécessite des investissements massifs. Les États de la CEEAC, accompagnés par les co-facilitateurs français et gabonais, devront explorer des mécanismes financiers novateurs pour répondre aux besoins des populations locales tout en préservant les écosystèmes forestiers.

D’un point de vue économique, la transition vers un modèle décarboné pourrait offrir des opportunités significatives de croissance et de création d’emplois dans des secteurs tels que les énergies renouvelables et la gestion durable des ressources naturelles. Selon les experts, chaque dollar investi dans des projets verts pourrait générer jusqu’à 4 dollars de bénéfices économiques. Toutefois, la clé réside dans la capacité à attirer des investissements privés en plus des financements publics et internationaux.

Pour les pays de la région, le défi est donc double : protéger leurs forêts tout en assurant un développement économique durable. Le succès de cette approche dépendra de la coopération régionale et internationale, ainsi que de la mise en place de cadres politiques et réglementaires favorables à l’investissement.

par la rédaction

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