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Fiscalité élevée, logistique minière et relance agricole : les priorités du ministre de l’Économie au Lualaba

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Le ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, s’est entretenu cette semaine avec plusieurs figures clés du monde économique à Kolwezi. Objectif : poser les bases d’un cadre plus équilibré entre l’État et les entreprises, au moment où les tensions fiscales s’intensifient dans le Lualaba, province stratégique pour les exportations minières du pays.

Installé dans les locaux de l’Assemblée provinciale, le vice-Premier ministre a enchaîné les réunions bilatérales. L’une des premières délégations à être reçue fut celle d’Africa Global Logistics (AGL). Conduit par son directeur général, Eldon Khun, le groupe a détaillé une série de projets logistiques destinés à fluidifier le transport des minerais congolais, notamment vers les ports de l’Afrique australe. Daniel Mukoko s’est montré réceptif, promettant de défendre activement ces initiatives au sein du Gouvernement central.

La rencontre la plus attendue était celle avec la Fédération des entreprises du Congo (FEC), branche du Lualaba. Son président provincial, Éric Monga, a mis cartes sur table. La pression fiscale sur les importations atteint désormais 43 %, même sur les produits de consommation courante. À cela s’ajoute, selon lui, un manque d’exonérations ciblées pour les secteurs agricoles ou manufacturiers. Le tout freine, dit-il, l’investissement privé, déjà ralenti par les incertitudes réglementaires.

Sur ce point, Daniel Mukoko a admis que les revendications étaient légitimes. Il a promis de les porter officiellement lors du prochain Conseil des ministres, prévu en juin à Kolwezi, tout en rappelant l’intégration de la relance agricole dans son programme national comme outil de désengorgement des importations alimentaires. Cette campagne agricole, qui tarde à démarrer dans plusieurs provinces, est perçue comme un moyen d’alléger la facture extérieure du pays, notamment sur les céréales et les produits transformés.

Autre dossier délicat abordé : celui de Standard Bank, représentée par une équipe venue exposer deux demandes spécifiques. D’une part, la nécessité d’un délai supplémentaire pour régulariser la situation de ses actionnaires avant un verrou réglementaire. D’autre part, le besoin d’un dispositif stable pour sécuriser les opérations bancaires dans un environnement fiscal mouvant.

Daniel Mukoko n’a pas esquivé. Il a renvoyé ces questions aux cadres réguliers d’échange : les réunions de l’ECOFIRE, chaque lundi, et celles du Comité de conjoncture économique, chaque mercredi. Ces plateformes, dit-il, doivent servir à anticiper les déséquilibres, pas à entériner des tensions persistantes.

En marge des discussions techniques, le vice-Premier ministre a insisté sur un principe : « La loi de finances n’est pas un outil de négociation, encore moins un levier d’exception au profit de certains acteurs ». Une manière claire de rappeler que toute réforme fiscale devra passer par un dialogue collectif, et non par des arrangements ponctuels.

Ces rencontres, tenues loin de Kinshasa, traduisent une inflexion dans la méthode de gouvernance économique. Plutôt que de piloter à distance, Daniel Mukoko semble vouloir renouer avec les réalités de terrain, dans une province qui concentre plus de 60 % des recettes d’exportation du pays. En renforçant l’écoute et en instaurant un dialogue permanent avec les opérateurs privés, il espère fluidifier un climat des affaires souvent jugé imprévisible par les investisseurs locaux comme étrangers.

M. KOSI

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