La RDC affiche 63,61 sur 100 pour son cadre réglementaire dans Business Ready 2025, mais seulement 26,56 pour les services publics destinés aux entreprises et 46,97 pour l’efficacité opérationnelle. L’écart montre que la principale faiblesse réside moins dans l’adoption des règles que dans leur application concrète.
La République démocratique du Congo présente un écart de 37,05 points entre la qualité de son cadre réglementaire et les services publics accessibles aux entreprises, selon les résultats de l’édition 2025 du rapport Business Ready de la Banque mondiale. Le pays obtient 63,61 sur 100 au premier pilier consacré à la réglementation. Ce résultat le place dans le quatrième quintile des 101 économies évaluées et reste proche de la moyenne internationale de 66,32. La performance chute cependant à 26,56 pour les services publics, soit 27,41 points sous la moyenne de 53,97 observée dans l’échantillon.
Pour l’efficacité opérationnelle, qui mesure l’expérience concrète des entreprises dans leurs démarches, la RDC obtient 46,97 sur 100, contre une moyenne internationale de 60,03. Le pays figure dans le dernier quintile pour les services publics et l’efficacité opérationnelle. Ces trois notes donnent une moyenne arithmétique de 45,71 sur 100, selon un calcul de Lepoint.cd. Elles révèlent une situation où les textes et procédures formelles sont mieux évalués que les institutions chargées de les appliquer.
Un cadre réglementaire mieux noté que son exécution
Les résultats ont été présentés le 19 février 2026 au siège de l’Agence nationale pour la promotion des investissements, lors d’une réunion du Comité de pilotage du groupe thématique consacré au climat des affaires, aux investissements, aux partenariats public-privé et à l’emploi.
La rencontre réunissait les ministères sectoriels, les administrations techniques, les structures d’appui à l’investissement, la Cellule du climat des affaires, des représentants du secteur privé et des partenaires techniques, dont la Banque mondiale. Elle devait permettre de confronter les résultats statistiques aux difficultés rencontrées par les opérateurs économiques. Business Ready ne mesure pas uniquement l’existence des lois. Son approche repose sur trois dimensions qui couvrent la qualité de la réglementation, la disponibilité des services publics et l’efficacité réelle des procédures supportées par les entreprises.
Pour la RDC, le résultat signifie qu’une réforme juridique peut améliorer le premier pilier sans produire automatiquement un changement perceptible pour les investisseurs. L’effet dépend de la disponibilité des plateformes numériques, de l’accès à l’information, des délais administratifs, du fonctionnement des institutions et de la capacité des services à appliquer les procédures annoncées.
L’ANAPI a notamment recommandé une meilleure centralisation des données, une documentation plus rigoureuse des réformes et un renforcement des capacités des points focaux ministériels et provinciaux. La préparation de l’évaluation 2026 avait déjà commencé au moment de la réunion de février.
Des mesures prioritaires attendues avant fin septembre
Le Comité de pilotage a ensuite validé, en juin 2026, une feuille de route de mesures prioritaires portant notamment sur la fiscalité, le commerce, l’accès au financement, la concurrence, le règlement des différends commerciaux et l’insolvabilité. Ces actions, présentées comme des mesures rapidement exécutables, doivent être mises en œuvre avant la fin de septembre 2026. L’ANAPI a rappelé en juillet que l’amélioration du prochain résultat dépendrait de leur exécution effective et non de leur seule inscription dans une feuille de route.
Un tableau numérique de suivi-évaluation a également été présenté pour permettre aux institutions concernées d’identifier les retards et de suivre l’avancement des réformes. La prochaine évaluation montrera si ces mesures réduisent l’écart entre les règles adoptées et les services réellement utilisés par les entreprises.
— Peter MOYI









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