Le programme « Pour Elles », financé à hauteur de 12 millions d’euros par l’Agence française de développement, a contribué à la création de 3 000 emplois à travers les entreprises accompagnées en RDC, selon Jérémie Pellet, directeur général d’Expertise France. Le dispositif vise 1 200 femmes entrepreneures à Kinshasa, Kikwit et Bukavu, dont 600 doivent bénéficier d’un financement adapté.
Le programme français d’appui à l’entrepreneuriat féminin en République démocratique du Congo commence à livrer ses premiers indicateurs économiques. En visite de travail à Kinshasa du 14 au 16 septembre, le directeur général d’Expertise France, Jérémie Pellet, a annoncé mardi que 3 000 emplois avaient été créés à travers les projets accompagnés jusqu’à présent par « Pour Elles ».
L’annonce intervient alors que le programme, lancé en 2023 et prévu jusqu’en 2027, entre dans la seconde moitié de son calendrier d’exécution. Financée par l’Agence française de développement, AFD, à hauteur de 12 millions d’euros, l’intervention combine accompagnement technique, financement des entreprises et renforcement des structures publiques et privées qui travaillent avec les entrepreneures congolaises.
La cible initiale porte sur 1 200 femmes entrepreneures à Kinshasa, Kikwit et Bukavu. Parmi elles, 600 doivent recevoir des financements adaptés à leur activité et à leur potentiel de croissance. Expertise France travaille également avec des incubateurs, structures d’accompagnement, réseaux professionnels ainsi qu’avec l’Agence nationale de développement de l’entrepreneuriat congolais afin d’améliorer l’offre de services destinée aux femmes.
Jérémie Pellet a également fait état d’un taux de satisfaction de 94 % parmi les bénéficiaires rencontrées dans le cadre du programme. Son déplacement en RDC est notamment consacré à l’évaluation des interventions d’Expertise France dans l’entrepreneuriat, l’enseignement supérieur, la formation professionnelle et la santé.
Des financements conçus pour contourner la barrière des garanties
L’un des intérêts du programme réside dans les instruments financiers qu’il cherche à tester pour des entrepreneures souvent confrontées aux exigences de garanties du système bancaire classique.
Lors du lancement du projet, les partenaires avaient notamment présenté le mécanisme du prêt d’honneur, un financement sans frais de dossier, sans taux d’intérêt et sans garantie, comme l’une des solutions susceptibles d’être expérimentées. Le programme prévoit également d’autres formes d’accompagnement financier adaptées au stade de développement des entreprises.
Cette approche répond à une faiblesse structurelle de l’entrepreneuriat féminin congolais. Expertise France estime que les femmes portent plus de 43 % des entreprises hors secteur agricole en RDC, mais qu’une grande partie de ces activités reste informelle, individuelle et de petite taille. Les difficultés d’accès au financement, à la formation et aux réseaux professionnels figurent parmi les principaux freins identifiés.
Plus des trois quarts de l’enveloppe du projet avaient été annoncés comme destinés directement à l’accompagnement des entrepreneures et à leur accès au financement. Le programme ne se limite donc pas à la création de nouvelles activités, mais cherche également à faire grandir des entreprises déjà existantes, améliorer leur gestion et renforcer leur capacité à employer.
Les 3 000 emplois annoncés constituent à ce stade l’indicateur économique le plus visible présenté par Expertise France sur le programme. Ils ne doivent toutefois pas être rapportés mécaniquement aux 12 millions d’euros pour calculer un coût par emploi, puisque cette enveloppe finance également la formation, l’accompagnement des institutions, les structures d’appui et d’autres actions destinées à l’écosystème entrepreneurial.
La prochaine étape consistera surtout à mesurer la pérennité de ces emplois et la croissance des entreprises soutenues jusqu’à la clôture du programme en 2027. L’évolution du chiffre d’affaires, de la formalisation, de l’accès au financement et des effectifs employés permettra alors d’évaluer plus précisément l’effet économique du dispositif au-delà du nombre d’entrepreneures accompagnées.
Peter MOYI









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