La monnaie congolaise a montré une résistance inattendue au début de l’année 2025. Entre janvier et mars, le franc congolais n’a reculé que de 0,6 % face au dollar, contre 4,1 % sur la même période l’an dernier. Cette performance, observée tant sur le marché officiel que parallèle, reflète une gestion monétaire rigoureuse et une coordination renforcée entre les politiques budgétaires et monétaires.
Dans un contexte international tendu — marqué par la persistance du conflit russo-ukrainien, les tensions au Moyen-Orient et les frictions commerciales entre les États-Unis et leurs partenaires — la Banque centrale du Congo (BCC) a choisi de maintenir une politique monétaire prudente. Le taux directeur reste fixé à 25 %, tandis que les coefficients de réserve obligatoire sont maintenus à 12 % pour les dépôts à vue en monnaie nationale et à 13 % pour ceux en devises.
Cette approche a contribué à une baisse notable de l’inflation, qui s’établit à 10,1 % en glissement annuel à fin mars 2025, contre 21,5 % un an plus tôt. Les produits alimentaires, les transports et les services divers ont été les principaux contributeurs à cette désinflation.
Sur le plan budgétaire, les régies financières ont mobilisé 5 723,3 milliards de CDF au premier trimestre, soit environ 2 milliards de dollars, atteignant un taux de réalisation de 109,1 % par rapport aux prévisions. Cependant, les dépenses publiques ont dépassé les attentes, atteignant 7 470,8 milliards de CDF, entraînant un déficit de 1 747,8 milliards de CDF, principalement financé par l’émission de titres publics.
Malgré les défis, notamment les conflits persistants dans l’Est du pays, l’économie congolaise montre des signes de résilience. La croissance est soutenue, et la stabilité du franc congolais renforce la confiance des investisseurs. La Banque centrale souligne néanmoins la nécessité de poursuivre les réformes structurelles pour diversifier l’économie et renforcer sa capacité à absorber les chocs externes.
— M. KOSI


