Le franc congolais s’est déprécié face au dollar sur les deux segments du marché des changes au 10 juillet 2026. Le taux s’est établi à 2 250 CDF sur le marché interbancaire et à 2 340 CDF au parallèle, tandis que les réserves internationales ont reculé à 8,04 milliards USD.
La monnaie congolaise a perdu 0,19 % de sa valeur sur le marché interbancaire et 0,27 % sur le marché parallèle en une semaine. Le 3 juillet, un dollar s’échangeait à 2 245,61 CDF à l’interbancaire et à 2 333,62 CDF au parallèle. Une semaine plus tard, il fallait respectivement 2 250 CDF et 2 340 CDF pour obtenir la même quantité de devises américaines.
Cette évolution reste modérée sur une base hebdomadaire, mais elle confirme une pression simultanée sur les deux compartiments du marché. En glissement annuel, le franc congolais affiche une dépréciation de 3,1 % à l’interbancaire et de 1,3 % au parallèle, selon la note de conjoncture de la Banque centrale du Congo.
Un écart de 90 CDF entre les deux marchés
L’écart entre le taux interbancaire et celui du marché parallèle atteint désormais 90 CDF par dollar. Le cours parallèle dépasse ainsi d’environ 4 % le taux observé sur le marché officiel, selon un calcul de Lepoint.cd effectué à partir des données de la BCC.
Cet écart reflète les conditions différentes d’accès aux devises. Le taux interbancaire est déterminé par les opérations réalisées entre les banques et les autres acteurs autorisés, tandis que le marché parallèle répond directement à la demande en espèces des particuliers, des commerçants et de certaines entreprises. Une progression plus rapide du dollar sur ce second marché peut signaler une demande plus élevée de devises en dehors du circuit bancaire.
Dans une économie largement dollarisée, l’évolution du taux de change influence directement les dépenses des ménages et les coûts supportés par les entreprises. Une dépréciation du franc peut renchérir les marchandises importées, le transport, les équipements et plusieurs services facturés en dollars, particulièrement lorsque les revenus des consommateurs restent libellés en monnaie nationale.
Les réserves reculent de 227 millions USD
Au 9 juillet 2026, les réserves internationales de la RDC se sont établies à 8,040 milliards USD. Elles ont diminué de 227,05 millions USD en une semaine et représentent désormais 3,07 mois d’importations de biens et de services.
Les réserves en devises permettent notamment à la Banque centrale de couvrir les besoins extérieurs du pays et d’intervenir sur le marché des changes. Leur évolution dépend des recettes d’exportation, des décaissements extérieurs, du paiement des importations et des opérations réalisées par l’autorité monétaire.
Le recul hebdomadaire observé intervient dans un environnement caractérisé par une tendance globalement haussière des prix des principaux produits de base. Pour la RDC, dont les recettes extérieures reposent fortement sur les exportations minières, l’évolution des cours du cuivre et du cobalt reste déterminante pour les entrées de devises et la capacité à soutenir la stabilité du franc congolais.
Les prochaines données de la BCC permettront de déterminer si la dépréciation enregistrée au 10 juillet reste ponctuelle ou si elle se prolonge sur les deux segments du marché des changes.
— J. KAKESA









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