Le franc congolais affiche une légère remontée face au dollar, avec un taux officiel fixé à 2.876,36 CDF pour un dollar américain au 25 juillet 2025. Ce mouvement, bien que discret, traduit un gain de 0,01 % sur le marché interbancaire en une semaine, selon les chiffres actualisés de la Banque centrale du Congo. Sur le marché parallèle, le franc congolais enregistre aussi une progression : 2.885,32 CDF contre 2.890,63 CDF sept jours plus tôt, soit 0,18 % d’appréciation.
Depuis le début de l’année, la dépréciation cumulée du franc congolais reste contenue : 1,07 % sur le marché officiel et 0,64 % sur le marché parallèle. Ce recul maîtrisé contraste avec les épisodes de volatilité connus lors des précédents exercices. La Banque centrale semble réussir à tempérer les pressions, alors que l’économie nationale reste sensible à la demande de devises et aux chocs extérieurs.
Du côté des réserves internationales, la tendance inspire un certain répit. Au 23 juillet, le stock atteint 7,71 milliards de dollars, ce qui correspond à presque trois mois de couverture des importations de biens et services. Plusieurs experts estiment que ce niveau reste satisfaisant pour faire face à d’éventuelles turbulences, à condition de surveiller étroitement l’évolution des cours mondiaux, surtout pour les matières premières qui soutiennent la RDC, comme le cuivre et le cobalt. Les recettes en devises, portées par les exportations minières, jouent encore un rôle clé dans la capacité d’intervention de la Banque centrale.
Pour autant, le franc congolais demeure exposé à plusieurs risques : la forte demande de dollars pour financer les importations, la rareté des devises sur le marché, et le déficit structurel de l’appareil productif national fragilisent la monnaie. À cela s’ajoute un climat politique qui peut peser sur la confiance des investisseurs et perturber l’équilibre monétaire.
Pour tenter de contenir la volatilité, la Banque centrale multiplie les interventions sur le marché de change, tout en maintenant une politique monétaire prudente et en régulant la liquidité bancaire. L’objectif reste clair : freiner les mouvements spéculatifs, préserver le pouvoir d’achat et éviter une spirale inflationniste qui toucherait de plein fouet les ménages.
Un économiste basé à Kinshasa, interrogé par Lepoint.cd, souligne que « la stabilité du franc congolais repose d’abord sur la discipline des politiques publiques et le maintien de solides réserves. Mais une chute des prix miniers ou une nouvelle crise politique pourrait rapidement déstabiliser l’équilibre fragile ». L’évolution du franc congolais illustre donc la réalité d’une économie encore très dépendante des exportations de matières premières et confrontée à des défis structurels profonds.
Rien n’est joué : si la tendance actuelle se poursuit, la Banque centrale pourra continuer à stabiliser la monnaie. Mais un retournement du contexte international ou local relancerait immédiatement la pression sur le franc. Les prochains mois seront décisifs pour mesurer la résilience du dispositif actuel.
— M. KOSI


