Créée en janvier 2026, l’Entreprise nationale de gestion des infrastructures pétrolières (ENGIP-RDC) ambitionne de devenir un acteur central de la politique énergétique congolaise. En recevant son directeur général, Richard Beya Ilunga, la ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, a placé au cœur des échanges le développement des infrastructures pétrolières, l’interconnexion des réseaux logistiques et le renforcement de la souveraineté énergétique du pays.
La République démocratique du Congo fait face à un paradoxe énergétique. Malgré ses importantes ressources en hydrocarbures, le pays demeure fortement dépendant des importations de produits pétroliers raffinés et dispose d’infrastructures de stockage et de transport encore insuffisantes pour répondre à une demande nationale en constante progression. Dans ce contexte, le développement d’une logistique pétrolière plus performante devient un levier important pour améliorer la sécurité des approvisionnements et soutenir la croissance économique.
C’est dans cette perspective que s’inscrit la montée en puissance de l’ENGIP-RDC, entreprise publique créée le 15 janvier 2026 pour gérer, sécuriser et développer les infrastructures pétrolières stratégiques du pays. Reçu mercredi par la ministre d’État, Richard Beya Ilunga a présenté les résultats de sa mission de terrain, les besoins en investissements ainsi que les projets d’interconnexion destinés à renforcer le réseau national des infrastructures pétrolières.
Selon le directeur général, les échanges ont également porté sur les grandes orientations que le gouvernement souhaite donner à cette nouvelle entreprise publique. L’ENGIP-RDC entend accompagner l’augmentation de la consommation des produits pétroliers et gaziers en développant de nouvelles capacités logistiques et en modernisant les infrastructures existantes.
L’une des annonces importantes de cette rencontre concerne la volonté du ministère d’intégrer l’ENGIP-RDC aux différents projets structurants actuellement portés par le gouvernement. Cette orientation devrait permettre à l’entreprise de participer directement au développement des futures infrastructures énergétiques, qu’il s’agisse des capacités de stockage, des installations de transport ou des projets d’interconnexion.
À cette occasion, Richard Beya Ilunga a remis à la ministre une cartographie nationale des actifs de stockage des produits pétroliers. Ce document constitue un outil de planification destiné à identifier les infrastructures disponibles, leurs capacités, leurs contraintes techniques et les investissements nécessaires pour renforcer la couverture logistique sur l’ensemble du territoire.
Au-delà de la gestion des installations existantes, la création de l’ENGIP-RDC traduit une évolution de la stratégie énergétique nationale. Les autorités souhaitent disposer d’un opérateur public capable de mieux coordonner les investissements, d’assurer la sécurisation des infrastructures stratégiques et d’accompagner les ambitions de souveraineté énergétique de la RDC.
Cette question prend une importance croissante à mesure que la consommation nationale de carburants augmente avec l’expansion des activités minières, industrielles, agricoles et du transport. Sans capacités suffisantes de stockage, de transport et de distribution, les risques de ruptures d’approvisionnement, de surcoûts logistiques et de vulnérabilité face aux perturbations internationales demeurent élevés.
Le développement des infrastructures pétrolières constitue également un facteur de compétitivité économique. Une logistique plus performante permet de réduire les coûts d’acheminement des produits pétroliers, de sécuriser l’approvisionnement des provinces et de soutenir les investissements dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment les mines, l’industrie, les transports et la production d’électricité.
À travers cette première feuille de route, l’ENGIP-RDC affiche donc une ambition qui dépasse la simple gestion administrative des installations pétrolières. L’entreprise veut progressivement devenir un instrument de planification et de modernisation des infrastructures énergétiques, avec l’objectif de renforcer la résilience du secteur des hydrocarbures et de contribuer à l’indépendance énergétique de la République démocratique du Congo.
— M. KOSI









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