En République démocratique du Congo, la dynamique de l’inflation semble connaître un léger répit. Pour la semaine du 25 octobre au 1er novembre 2024, le taux d’inflation hebdomadaire a enregistré une baisse, passant de 0,11 % à 0,10 %. Si cette variation reste modeste, elle reflète néanmoins certaines évolutions sur le marché congolais des biens et services, où l’inflation est principalement tirée par les hausses dans les secteurs alimentaires et des boissons non alcoolisées. En effet, cette catégorie, qui représente près de 45,61 % de l’indice des prix à la consommation, exerce une pression constante sur le niveau général des prix. D’autres secteurs, tels que le logement, l’eau, l’électricité et les transports, contribuent également à cette inflation, avec respectivement 11,71 %, 12,47 %, et 8,46 % d’influence sur l’indice.
Les données de la Banque centrale du Congo révèlent que l’inflation cumulée pour les dix premiers mois de l’année atteint déjà 10,26 %, signe des difficultés de stabilisation des prix dans un contexte économique fragile. Sur un an, l’inflation s’élève à 14,56 %, tandis que le taux annualisé s’établit à 12,52 %. D’un mois à l’autre, une augmentation est également observée avec un passage de 0,46 % en septembre à 0,57 % en octobre, illustrant l’effet persistant des pressions sur le marché intérieur.
Les turbulences géopolitiques mondiales, notamment les conflits au Proche et Moyen-Orient et la guerre en Ukraine, continuent de perturber les chaînes d’approvisionnement, impactant les coûts de production et de transport à l’échelle globale. En réponse à ces tensions, les autorités congolaises adoptent une approche stratégique pour amortir les effets de l’instabilité internationale sur l’économie nationale. L’amélioration de l’offre de travail par l’immigration et la normalisation progressive des politiques monétaires dans certaines économies développées apportent un soutien partiel aux anticipations inflationnistes.
Sur le plan monétaire, cette légère décélération de l’inflation pourrait inciter les autorités à envisager un assouplissement des conditions de financement, offrant ainsi une bouffée d’oxygène à une économie en proie à un chômage élevé et à des contraintes de croissance. La baisse des taux d’intérêt dans les économies avancées pourrait également alléger la pression sur les marchés émergents comme la RDC, facilitant une gestion plus souple de la dette.
En matière budgétaire, le gouvernement doit répondre au défi crucial de stabiliser la dette publique pour préserver des marges de manœuvre en vue des dépenses futures. Par ailleurs, des réformes structurelles pour stimuler l’innovation, renforcer le capital humain, et optimiser l’allocation des ressources apparaissent incontournables. Cependant, leur mise en œuvre dans un contexte de tension économique globale et de demande croissante de produits de première nécessité demeure complexe.
L’évolution modeste de l’inflation en RDC, bien que positive, ne constitue qu’une accalmie dans un environnement économique encore instable. Pour que cette baisse s’inscrive dans la durée, les autorités devront maintenir un positionnement stratégique, apte à contenir l’inflation tout en relançant une activité économique mise à rude épreuve par des facteurs internes et externes.
— M. KOSI



