À Kikwit, dans la province du Kwilu, les autorités ont lancé des travaux de 42 mois pour contenir l’érosion de Wazabanga. Le projet prévoit notamment un collecteur de 1 318 mètres, un dalot de 35 mètres et des interventions sur près de sept kilomètres de voirie urbaine.
Les pluies de mars 2026 ont aggravé la dégradation de l’axe de Wazabanga, dans la commune de Nzinda. Le ravin a progressé et a coupé une partie de l’avenue Ndeke Zulu, rendant la circulation difficile entre certains quartiers. Face à cette situation, les travaux engagés visent à stabiliser les sols, protéger la route endommagée et empêcher l’élargissement du ravin. Selon Jean-Didier Lubau, ingénieur topographe intervenant pour Safrimex Sarl, le chantier doit aussi sécuriser les installations de la Société nationale d’électricité situées à proximité.
Le principal ouvrage prévu est un collecteur de 1 318 mètres. Il reliera le secteur de l’Office des Routes, dans le quartier Ndeke Zulu, à la rivière Nzinda. Son rôle sera de canaliser les eaux de pluie, car le ruissellement reste l’un des facteurs qui accélèrent les érosions à Kikwit. En dirigeant mieux ces eaux, les autorités espèrent réduire la pression sur les sols fragilisés et limiter les risques de nouvelles coupures de routes pendant les fortes pluies.
Des ouvrages pour protéger les quartiers et rétablir la circulation
Le projet prévoit aussi la construction d’un dalot de 35 mètres. Cet ouvrage doit permettre le passage des eaux sous la chaussée tout en rétablissant la liaison entre les deux parties de l’avenue Ndeke Zulu séparées par les pluies diluviennes. Les opérations de remblayage ont déjà commencé après l’acheminement des matériaux depuis Kinshasa. Cette étape doit permettre de combler les zones les plus fragilisées avant la poursuite des travaux d’assainissement et de stabilisation.
Le chantier de Wazabanga s’inscrit dans un programme plus large d’aménagement urbain portant sur environ sept kilomètres de voirie dans plusieurs quartiers de Kikwit. D’autres travaux sont aussi en cours sur l’avenue Mutangu, dans le cadre d’un chantier prévu pour dix-huit mois. L’exécution est assurée par Safrimex Sarl, sous la supervision de l’Office des Voiries et Drainage et du Bureau technique de contrôle. Le financement est porté par le Fonds national d’entretien routier, tandis que les opérations de génie civil sont coordonnées par une équipe dirigée par Willy Masonda, directeur technique.
Pour la ville de Kikwit, l’enjeu dépasse la réparation d’une route. L’érosion menace les habitations, les infrastructures publiques, les réseaux électriques et les déplacements quotidiens. Lorsqu’un axe est coupé, les habitants perdent du temps, les activités économiques ralentissent et certains services deviennent plus difficiles d’accès. Cette situation pèse aussi sur les petits commerces, les transporteurs et les ménages qui dépendent de ces routes pour rejoindre les marchés, les écoles ou les centres de santé.
La ville reste exposée à ces phénomènes en raison de plusieurs facteurs. Les systèmes de drainage sont insuffisants, les constructions avancent parfois sans planification, les zones périphériques perdent progressivement leur couverture végétale et la pression démographique augmente sur un plateau déjà fragile. Les autorités estiment donc que les travaux de génie civil ne suffiront pas. La lutte contre les érosions devra aussi passer par une meilleure organisation urbaine, l’entretien régulier des caniveaux, une gestion plus stricte des constructions et une sensibilisation des habitants sur les pratiques qui fragilisent les sols.
À Wazabanga, le chantier lancé pour 42 mois doit d’abord freiner l’avancée du ravin et rétablir progressivement la circulation. Il doit aussi aider Kikwit à mieux protéger ses infrastructures face aux pluies qui exposent régulièrement plusieurs quartiers à des dégâts coûteux pour la ville et pour les ménages.
— M. KOSI




