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Kinshasa investit 570 millions de dollars pour un nouvel aéroport international conforme aux normes mondiales

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Le gouvernement congolais débloque 570 millions de dollars pour métamorphoser l’aéroport international de N’djili. Cet investissement, parmi les plus conséquents dans le secteur des infrastructures de transport du pays depuis dix ans, doit permettre à Kinshasa de se doter d’un hub répondant aux normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale. En confiant la réalisation du projet à l’américain Infrarose, l’exécutif s’inscrit dans une logique de diversification de ses partenaires, loin de la prédominance asiatique observée sur d’autres chantiers d’envergure.

Le nouveau terminal affichera une capacité annuelle de 5 millions de voyageurs, contre 1,8 million actuellement, soit une croissance anticipée de 178 %. L’édifice couvrira une superficie de 50 000 m² et sera adossé à une nouvelle piste de 4 km, alors que la piste existante sera entièrement rénovée. Ce doublement des infrastructures répond à la pression démographique et au dynamisme attendu du marché régional : l’IATA estime que le trafic aérien africain augmentera de près de 4 % par an d’ici 2030, tiré par la croissance urbaine et l’intensification des échanges économiques sur le continent.

La livraison du complexe est annoncée pour le premier trimestre 2028, tandis que la première phase des travaux débutera en octobre 2025. Le choix de confier l’architecture à Skidmore, Owings & Merrill (SOM), firme réputée pour la modernisation de plusieurs aéroports internationaux, marque un virage technique : la RDC s’aligne ainsi sur les standards internationaux, tant pour la sécurité que pour l’accueil des compagnies majeures.

Ce projet est aussi un signal politique, alors que la présence de l’ambassadrice américaine à Kinshasa lors de la présentation des plans et l’implication d’entreprises américaines traduisent la volonté des autorités de rééquilibrer les alliances économiques. Thérèse Kayikwamba, ministre des Affaires étrangères, a insisté sur l’ouverture de la RDC à des partenariats structurants, bien au-delà du secteur minier. À l’heure où les flux d’investissements étrangers se repositionnent sur le continent, la modernisation de N’djili pourrait placer Kinshasa en meilleure posture pour capter de nouveaux marchés, en particulier ceux liés à la logistique et au fret aérien, qui pèsent déjà près de 60 milliards de dollars dans la région Afrique-Moyen-Orient selon la Banque mondiale.

Le défi consistera à assurer la transparence dans l’exécution des fonds et la maîtrise des délais, paramètres essentiels pour éviter les dérapages budgétaires, fréquents sur de précédents chantiers congolais. Si la feuille de route annoncée est respectée, Kinshasa pourrait s’affirmer à l’horizon 2028 comme un point de passage incontournable pour les voyageurs et les marchandises d’Afrique centrale.

— M. KOSI

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