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Kinshasa : Jean Bamanisa dénonce l’abandon des plans SOSAK et PDTK

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Last updated: novembre 29, 2025 6:43 pm
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il y a 6 mois
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Jean Bamanisa Saidi
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Lors du déjeuner d’affaires du Club BTP & CMA, le 29 novembre 2025 au SERAY – Mediterranean Lounge, Jean Bamanisa Saidi n’a pas tourné autour du pot. Pour le président du club, Kinshasa ne manque pas d’outils techniques pour organiser sa croissance. Elle manque surtout de dirigeants prêts à les utiliser.

Il rappelle que la capitale dispose déjà de deux documents de référence : le SOSAK, Schéma d’Orientation Stratégique de l’Agglomération Kinoise, et le PDTK, Plan Directeur de Transport de Kinshasa. Ces plans ne sont pas de simples rapports. Ils sont le résultat d’années d’études, de modélisation du trafic, d’analyses démographiques, de scénarios d’urbanisation. En principe, ils doivent guider les choix sur les axes routiers, la densification des quartiers, la localisation des grands équipements.

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Lors du déjeuner d’affaires du Club BTP & CMA, le 29 novembre 2025 au SERAY – Mediterranean Lounge, Jean Bamanisa Saidi n’a pas tourné autour du pot. Pour le président du club, Kinshasa ne manque pas d’outils techniques pour organiser sa croissance. Elle manque surtout de dirigeants prêts à les utiliser.Quand les militaires remplacent la planification

« Les politiques ont mis le SOSAK dans le tiroir. Le PDTK aussi. C’est une question de responsabilité », lâche-t-il.
Derrière cette phrase, il y a l’idée d’un État qui paie des études, mais ne s’en sert pas pour orienter ses budgets, ses permis de construire ou ses priorités d’investissement. Les décisions se prennent au cas par cas, sous la pression de l’urgence ou de l’émotion, sans véritable fil conducteur.

Quand les militaires remplacent la planification

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Sur la circulation, Jean Bamanisa prend un exemple que tous les Kinois connaissent : la présence de militaires aux grands carrefours.
« La solution que les gouvernants ont trouvée pour réguler la mobilité dans la ville de Kinshasa, c’est de nous mettre des militaires sur les routes. Ce n’est pas ça la solution. »

Ce choix traduit une gestion réactive. On agit sur le symptôme, pas sur la cause. Des soldats peuvent, pendant quelques heures, tenter de fluidifier un carrefour, mais ils ne créent ni nouvelles voies, ni transports collectifs fiables, ni organisation claire des flux.

Or, pour l’économie locale, la congestion a un coût direct : des heures perdues dans les embouteillages, des retards de livraison, des surcoûts pour les entreprises, une fatigue générale qui pèse sur la productivité. Le PDTK est justement conçu pour réduire ces pertes, en identifiant les axes stratégiques, les liaisons à renforcer, les aménagements à prioriser. Tant que ce document reste au placard, la ville compense par des réponses d’ordre public, sans effet durable sur le coût réel de la circulation pour les ménages et les entreprises.

Jean Bamanisa élargit ensuite le propos à la loi sur l’aménagement du territoire. Le pays s’est doté d’un texte qui fixe des règles d’utilisation du sol et de hauteur des constructions. Sur le boulevard du 30 Juin, entre la gare centrale et certains tronçons clés, la norme autorise par exemple des bâtiments de 21 niveaux.

Sur le papier, cette densification maximise l’usage d’un axe central. Mais il pose une question simple : « Est-ce qu’ils ont tenu compte des besoins en électricité ? Rien du tout. »

La remarque est plus qu’anecdotique. Un immeuble de 21 étages consomme beaucoup plus qu’une maison basse : ascenseurs, pompes, éclairage des parties communes, équipements ménagers. Dans une ville où le réseau peine déjà à alimenter des habitations de deux niveaux, multiplier les tours sans plan massif de renforcement du système électrique revient à construire des coquilles fragiles, exposées aux coupures, aux pannes et aux surcharges.

Ce décalage entre la norme urbanistique et la réalité des réseaux traduit une absence de vision intégrée : l’urbanisme, l’énergie, l’eau, l’assainissement et la mobilité avancent chacun de leur côté. Sur le plan économique, cela crée des actifs sous-exploités, des quartiers mal desservis et des surcoûts futurs pour corriger des choix mal coordonnés.

Dans le paysage de Kinshasa, les effets de cet abandon des plans se voient à l’œil nu. Les emprises publiques se remplissent sans contrôle clair. Le boulevard du 30 Juin est saturé du matin au soir. De nouveaux immeubles sortent de terre là où les réseaux sont déjà fragiles. Des quartiers entiers se densifient sans écoles, sans centres de santé, sans espaces publics.

Pour Jean Bamanisa, la capitale donne l’impression d’avancer au coup par coup, alors qu’elle possède déjà des instruments capables d’ordonner cette croissance. Son appel est simple : remettre le SOSAK, le PDTK et la loi sur l’aménagement du territoire au centre de la décision publique, les relier aux choix budgétaires et aux permis de construire, et exiger que chacun, du politique au technicien, assume sa part de responsabilité.

Sans ce sursaut, Kinshasa continuera de s’étendre dans la confusion, avec une facture toujours plus lourde pour les finances publiques et pour le quotidien des habitants.

M. KOSI

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