Les fortes pluies du 4 avril ont fragilisé des axes routiers, des ponts et des ouvrages de drainage à Kinshasa. Près de huit mois plus tard, le gouvernement affiche une volonté d’accélérer la remise en état, alors que les rapports officiels ne font état que de 30 à 45 % de réalisation des travaux. Pour un pays qui dépend fortement de la route pour faire circuler biens et personnes, ce niveau d’avancement reste faible au regard des risques économiques.
Le 28 novembre à Kinshasa, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, et le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, ont convoqué autour d’eux les principaux acteurs publics des travaux : OVD, OR, ACGT, RVF, Génie militaire, ainsi que des représentants des autorités provinciales. L’objectif était clair : vérifier l’état d’exécution des chantiers financés, mesurer le rythme réel sur le terrain et recadrer, si besoin, l’utilisation des crédits déjà débloqués.
Des travaux financés, mais une exécution à accélérer
Le gouvernement indique qu’un financement a déjà été validé pour les interventions post-pluies. D’un point de vue budgétaire, cela signifie que les crédits sont inscrits, engagés et, pour partie, ordonnancés. Le blocage ne se situe donc plus au niveau de la décision financière, mais au niveau de l’exécution : vitesse des entreprises, capacité des agences à suivre les chantiers, circulation des fonds jusqu’aux prestataires.
Les 30 à 45 % d’avancement évoqués traduisent un niveau intermédiaire de mise en œuvre : certains tronçons routiers sont en cours de réhabilitation, des ponts ont reçu des interventions de renforcement, des caniveaux et ouvrages de drainage sont dégagés. Mais tant que la barre des 80 à 100 % n’est pas atteinte sur les sites prioritaires, les effets restent limités pour les habitants : routes encore coupées certains jours, coûts de transport en hausse, retards de livraison pour les marchandises et perte de productivité pour les entreprises.
C’est ce lien entre infrastructures et économie réelle qui motive la pression politique actuelle. Pour les Finances publiques, chaque jour de retard dans les travaux réduit l’impact du budget d’investissement : des fonds sont mobilisés, mais ne produisent pas encore tous leurs effets sur la circulation, le commerce et les recettes fiscales futures.
Pour corriger cela, les deux ministres annoncent une visite d’inspection conjointe sur les chantiers, en présence de la presse. L’enjeu est double : disposer d’un contrôle direct sur l’exécution physique des travaux et renforcer la transparence sur l’utilisation des fonds publics. En rendant visibles les chantiers financés par l’État, le gouvernement cherche à envoyer un signal de sérieux budgétaire, tout en rappelant aux agences et entreprises que les retards auront désormais un coût politique.
M. KOSI


