Le trésor kényan vise une augmentation des recettes fiscales de 14,4 % malgré les tensions sociales

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Le Trésor public du Kenya s’est fixé un objectif ambitieux : collecter 2 732 milliards de shillings kenyans pour l’exercice fiscal prochain, soit une hausse de 14,4 % par rapport à la cible actuelle de 2 389 milliards de shillings. Cette initiative vise à générer des recettes supplémentaires de 343 milliards de shillings. Cependant, cette augmentation pourrait raviver les tensions sociales, notamment après les manifestations qui ont marqué le retrait du projet de loi de finances 2024 en juin dernier.

Pour atteindre cet objectif, le gouvernement prévoit une série de mesures détaillées dans le Budget Review and Outlook Paper (BROP). Parmi elles, l’introduction de nouvelles taxes, une intensification des efforts pour lutter contre l’évasion fiscale, et l’élargissement de l’assiette fiscale aux secteurs informels. Les prévisions incluent une augmentation de 11,9 % de l’impôt sur le revenu pour atteindre 1 320 milliards de shillings, une hausse de 13,3 % de la TVA à 820,3 milliards, une progression de 20 % des droits d’accise à 389,6 milliards, et une montée de 25,8 % des droits d’importation à 201,3 milliards.

Ces efforts fiscaux s’inscrivent également dans le cadre du Tax Laws Amendments Bill, qui introduit des taxes plus élevées sur les paris, les communications téléphoniques et les données. Parallèlement, l’intégration des systèmes de l’Autorité fiscale du Kenya (KRA) avec les banques et les fournisseurs de services de paiement est en cours pour améliorer l’efficacité de la collecte des taxes.

Ce plan audacieux, qui rappelle les réformes fiscales des années 1990 sous la présidence de Daniel arap Moi, soulève des préoccupations quant à ses répercussions économiques. Bien que l’élargissement de l’assiette fiscale soit salué par des institutions comme le FMI, les risques de troubles sociaux restent élevés si des politiques fiscales équitables et une gestion transparente des recettes ne sont pas assurées.

Réglementation des fournisseurs d’internet par satellite : un défi pour le kenya

En parallèle, l’Autorité des communications du Kenya (CA) a sollicité l’appui de l’Union internationale des télécommunications (UIT) pour encadrer les activités des fournisseurs d’internet par satellite, notamment Starlink, propriété d’Elon Musk. Cette démarche intervient dans un contexte de préoccupations croissantes liées à la concurrence équitable et aux défis réglementaires. Avec plus de 6 400 satellites actifs, Starlink offre un accès internet à faible latence, mais ses opérations transfrontalières posent des questions complexes de réglementation, telles que l’allocation des fréquences, la gestion des débris spatiaux, la protection des données et le respect des normes internationales.

Les opérateurs locaux, comme Safaricom, ont exprimé leur mécontentement face à l’entrée de Starlink sur le marché kényan. Safaricom plaide pour que les fournisseurs de satellites collaborent avec les opérateurs mobiles locaux, invoquant des risques liés à la sécurité. Actuellement, Starlink opère sous une licence temporaire d’un an, accordée à partir du 8 juin 2023. Son service est proposé à un tarif mensuel de 1 300 shillings, bien inférieur aux 120 dollars facturés aux États-Unis. Cette différence de coût suscite des débats, notamment dans d’autres pays africains où Starlink est perçu de manière variée : bien accueilli au Nigeria et au Rwanda, il est en revanche jugé illégal en Afrique du Sud et au Cameroun.

M.KOSI

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