Les entreprises congolaises s’adaptent à la réforme fiscale avant l’entrée en vigueur en 2025

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À Kinshasa, le 12 décembre, les opérateurs économiques congolais ont été conviés à une session de sensibilisation sur les nouvelles exigences fiscales imposées par l’État, avec un accent particulier sur la réforme de la facture normalisée et l’intégration des dispositifs électroniques fiscaux. Ce rendez-vous, organisé par la Fédération des entreprises du Congo (Fec) en collaboration avec la Direction générale des impôts (DGI), visait à préparer les acteurs économiques à la phase obligatoire de cette réforme, prévue pour entrer en vigueur en janvier 2025.

John Nkondo, secrétaire général de la Fec, a ouvert la session en soulignant l’importance de cette initiative, qui marque une étape clé dans la modernisation du système fiscal congolais. Selon lui, l’objectif principal était de renforcer les liens entre les entreprises et l’administration fiscale tout en permettant aux opérateurs de mieux comprendre les implications de cette réforme. « Nous voulons offrir aux entreprises une vision claire de ce que cette réforme implique, tout en répondant aux préoccupations soulevées lors de la phase expérimentale lancée en septembre dernier », a-t-il déclaré.

Lors de cette rencontre, l’accent a été mis sur les résultats préliminaires obtenus grâce à la phase pilote, au cours de laquelle les entreprises ont eu l’opportunité de tester l’usage des dispositifs électroniques fiscaux. Ce retour d’expérience a permis de souligner non seulement les avantages de la réforme, mais aussi les défis et obstacles rencontrés par les entreprises, en particulier en ce qui concerne l’adaptation technologique et l’infrastructure nécessaire pour répondre aux exigences des nouvelles normes fiscales.

L’un des enjeux majeurs de cette réforme réside dans sa mise en œuvre effective dès janvier 2025, date à laquelle les dispositifs électroniques deviendront obligatoires. Les entreprises, grandes comme petites, devront alors être prêtes à intégrer ces outils dans leurs processus quotidiens, sous peine de se voir exposées à des sanctions. La digitalisation, qui fait partie intégrante de cette réforme, représente une évolution majeure pour le système fiscal congolais. Mais pour de nombreuses entreprises, notamment les plus petites, l’enjeu est de taille : réussir cette transition numérique tout en maintenant la fluidité de leurs activités économiques.

Au-delà de la simple question technique, la réforme pose également la question de l’équité entre les différentes catégories d’entreprises. Alors que certaines structures disposent déjà des ressources nécessaires pour faire face à ces changements, d’autres, moins bien équipées, risquent de se retrouver en difficulté face à ces nouvelles exigences. Les discussions entre la Fec et la DGI seront donc cruciales dans les mois à venir pour définir les mesures d’accompagnement, en particulier pour les petites entreprises qui n’ont pas encore intégré les outils numériques dans leur gestion.

La sensibilisation de ce jeudi constitue ainsi un premier pas vers une adaptation collective, mais les défis restent nombreux. Les prochaines semaines et mois seront décisifs pour la réussite de cette réforme qui pourrait transformer en profondeur le paysage économique congolais.

M. MATUVOVANGA

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