Le Président Félix Tshisekedi entend faire de la transformation locale des minerais le principal levier de la stratégie économique de la République démocratique du Congo. Dans son discours à la Nation prononcé à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance, le Chef de l’État a affirmé que les futurs partenariats conclus par la RDC, notamment avec les États-Unis, devront désormais contribuer à développer des chaînes de valeur industrielles sur le territoire national, créer des emplois et renforcer la souveraineté économique du pays.
Présentant la RDC comme un « pays solution » dans la transition énergétique mondiale, Félix Tshisekedi a estimé que les importantes réserves congolaises de cobalt, de cuivre, de coltan et de lithium constituent un avantage stratégique qui doit désormais bénéficier davantage à l’économie nationale. Selon lui, ces ressources ne doivent plus uniquement alimenter les industries étrangères, mais devenir un moteur d’industrialisation et de création de richesse en RDC.
Le Chef de l’État a indiqué que les partenariats stratégiques engagés avec les États-Unis, ainsi que ceux en préparation avec d’autres partenaires internationaux, devront répondre à plusieurs exigences : défendre les intérêts économiques du pays, renforcer la souveraineté nationale, sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, favoriser la transformation locale et générer des emplois durables, en particulier pour les jeunes Congolais.
À travers cette orientation, le Président annonce une rupture avec le modèle économique qui a longtemps caractérisé le secteur minier congolais. « Le temps où nos minerais étaient extraits chez nous, exportés à l’état brut, valorisés ailleurs, puis revendus au monde pendant que nos populations demeuraient dans la pauvreté appartient désormais au passé », a-t-il déclaré.
Cette ambition intervient dans un contexte où les minerais critiques occupent une place centrale dans la transition énergétique mondiale. Le développement des véhicules électriques, des batteries, des réseaux électriques et des technologies numériques accroît la demande mondiale en cuivre, cobalt, lithium et coltan, dont la RDC possède certaines des plus importantes réserves.
Pour Kinshasa, l’enjeu dépasse désormais les volumes d’exportation. Il s’agit de développer localement les activités de transformation, de raffinage et, à terme, des industries capables de produire des composants à plus forte valeur ajoutée. Une telle évolution permettrait d’augmenter les recettes fiscales, de créer davantage d’emplois qualifiés et de réduire la dépendance du pays aux seules exportations de matières premières.
Le Président a également inscrit cette vision dans une dimension diplomatique. À la tête de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), la RDC entend promouvoir un modèle associant ressources naturelles, paix et développement. Ce message sera également porté devant le Conseil de sécurité des Nations unies, où Kinshasa souhaite renforcer le lien entre gouvernance des ressources minières, stabilité régionale et développement durable.
Cette stratégie répond aussi à un paradoxe économique. Selon la Banque mondiale, la croissance de la RDC a atteint 6,5 % en 2024, principalement grâce aux performances du secteur minier. Pourtant, plus de 70 % de la population vit encore sous le seuil de pauvreté. Pour les autorités, cette situation montre que l’exploitation des minerais ne suffit plus : la création de valeur devra désormais se faire davantage sur le territoire national afin que les richesses minières contribuent plus directement au développement industriel et à l’amélioration des conditions de vie.
— M. KOSI









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