Le bilan provisoire de l’accident minier survenu le 18 juillet 2026 à Kamituga est passé à six morts et une dizaine de blessés. La mairie a suspendu l’exploitation sur le site de Mabela, mais l’enquête doit encore établir le statut juridique du puits, l’identité des responsables et les conditions de sécurité imposées aux creuseurs.
Six creuseurs artisanaux ont perdu la vie après un accident survenu dans un puits d’or du quartier Kalingi, dans la commune de Mobale à Kamituga. Trois victimes seraient mortes sur le lieu du drame et trois autres après leur évacuation à l’Hôpital général de Kamituga, selon les informations communiquées par un représentant de l’autorité urbaine. Une dizaine de personnes ont également été blessées.
Ce bilan révise les premières estimations publiées au lendemain de l’accident. Les premiers comptes rendus faisaient état de trois ou quatre décès, alors que les recherches se poursuivaient et que le nombre exact de personnes présentes dans le puits n’était pas encore établi. Les autorités locales indiquent désormais que plus de vingt creuseurs se trouvaient dans l’exploitation au moment de l’incident.
Le site est désigné comme Mabela ou Mapela dans plusieurs publications, tandis que d’autres sources locales utilisent le nom de Kalingi Tuliona. Elles situent toutes l’accident dans le quartier Kalingi et associent le puits à un exploitant présenté sous le nom de Walukusu. Cette identification reste toutefois déclarative. Elle ne permet pas encore de connaître l’entité juridique responsable de l’exploitation, la coopérative éventuellement présente ou le titulaire du droit minier couvrant la zone.
Une fermeture provisoire en attendant l’état des lieux
Le maire intérimaire de Kamituga, Alexandre Faradja Yogolelo, a ordonné la fermeture temporaire des puits concernés. La reprise éventuelle des activités dépendra d’un état des lieux annoncé avec les services des Mines et le Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle.
Cette mesure conservatoire doit permettre de sécuriser la zone, de poursuivre les recherches et d’identifier les facteurs ayant conduit au drame. Les premières versions divergent sur la cause technique. Certaines sources évoquent l’asphyxie des travailleurs à l’intérieur du puits. D’autres font état d’un éboulement provoqué par la fragilité du terrain, après une opération d’explosion destinée à extraire des pierres dans un tunnel.
Ces différences montrent que la cause ne peut pas encore être présentée comme définitivement établie. L’enquête devra notamment déterminer si l’effondrement a précédé l’asphyxie, si des explosifs ont été utilisés dans des conditions autorisées et si le tunnel disposait d’un soutènement adapté à la profondeur et à la nature du terrain.
Elle devra aussi examiner l’organisation du travail dans le puits. Le nombre de personnes présentes, leur enregistrement, les modalités d’accès au site et la disponibilité des équipements de protection permettront d’évaluer si les risques étaient encadrés ou simplement supportés par les creuseurs.
Identifier la chaîne de responsabilité
Le décès de six travailleurs ne peut pas être traité uniquement comme une conséquence générale de l’exploitation artisanale. Il pose la question de la responsabilité des acteurs qui organisaient, autorisaient ou contrôlaient les activités sur le site.
La première vérification concerne le périmètre minier. Il faudra établir si le puits se trouve dans une zone d’exploitation artisanale reconnue, dans un périmètre couvert par un titre minier ou sur une zone exploitée sans base réglementaire. Le Cadastre minier et la Division provinciale des Mines disposent des informations nécessaires pour identifier les droits attachés à la zone.
La deuxième porte sur l’exploitant. Le nom de Walukusu est cité par des sources locales, mais aucune information publique consultée ne permet encore de savoir s’il intervient à titre individuel, pour une coopérative ou pour le compte d’un titulaire de permis. Cette distinction est déterminante pour identifier les obligations économiques, administratives et sécuritaires attachées au chantier.
Le rôle du SAEMAPE devra également être documenté. L’état des lieux annoncé doit indiquer la date du dernier passage de ses agents, les recommandations éventuellement formulées et les mesures prises après de précédents incidents. Actualite.cd présente l’accident du 18 juillet comme le sixième drame minier mortel enregistré à Kamituga depuis le début de 2026.
La répétition des accidents impose donc de mesurer l’efficacité réelle des contrôles. Il ne suffit pas d’intervenir après chaque effondrement. Les inspections doivent permettre de fermer les puits dangereux avant qu’ils ne causent de nouvelles pertes humaines et d’identifier les responsables qui maintiennent des travailleurs dans des galeries instables.
L’enquête devra enfin préciser les mécanismes d’assistance aux blessés et aux familles des victimes. La fermeture temporaire du site constitue une première décision administrative. Elle devra être suivie par l’établissement des responsabilités, la publication des conclusions techniques et, lorsque les faits le justifient, l’engagement de procédures administratives ou judiciaires.
À Kamituga, la question centrale n’est donc plus seulement de connaître le nombre définitif de victimes. Elle consiste à déterminer qui exploitait réellement le site de Mabela, sur quelle base juridique et sous quel contrôle.
— M. KOSI









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