Le Trésor a récolté 30,6 millions USD lors de l’adjudication du 11 novembre 2025, soit 34 % des 90 millions USD proposés. Une semaine plus tôt, le 4 novembre, l’État avait attiré 156,1 millions USD pour une cible de 80 millions USD, quasiment le double de l’objectif. Le taux nominal demeure à 9 %.
Taux à 9 %, liquidité de fin d’année et visibilité budgétaire : le trio qui pilote la demande
Le recul des soumissions traduit un arbitrage classique des banques et institutions financières en fin d’exercice : priorité à la liquidité, gestion des ratios prudentiels et sélection de placements au rendement réel crédible. À 9 % en dollars, le coupon est lisible ; l’appétit dépend surtout de la disponibilité de cash et de la confiance dans le calendrier d’émission à venir.
Sur le plan macro, deux signaux encadrent les décisions. D’un côté, la désinflation relevée par la mission du FMI allège la pression sur les taux et soutient la valorisation des titres existants. De l’autre, la volatilité du taux de change entretient une prime de risque que les investisseurs intègrent dans leurs modèles, même pour des obligations libellées en USD émises sur le marché domestique.
La stratégie de l’Exécutif reste inchangée : diversifier le financement interne, réduire la dépendance aux emprunts extérieurs et consolider une courbe des rendements en devises sur le marché local. Les adjudications régulières servent à ancrer les anticipations, améliorer la transparence des prix et structurer le dialogue entre Trésor et intermédiaires.
La séance du 11 novembre envoie un message pragmatique : le prix (9 %) n’a pas bougé, mais la quantité placée reflète des contraintes de bilan et une attente de visibilité sur la trajectoire budgétaire et monétaire des prochains mois. La remontée de la demande tiendra à trois variables : un profil d’émission prévisible, une discipline des comptes publics crédible et un guidage clair de la banque centrale sur l’orientation des taux et la gestion du change. Tant que ces repères se renforcent, l’outil d’adjudication conserve sa fonction : financer l’État à coût maîtrisé tout en approfondissant le marché domestique.
M. KOSI


