Dans un contexte mondial marqué par les défis climatiques, la République démocratique du Congo avance dans la mise en œuvre de son ambitieux Programme d’Investissement pour la Forêt et la Restauration des Savanes (PIFORES). Le 28 novembre 2024, à Kinshasa, le Comité National de Pilotage (COPIL) s’est réuni pour approuver le Plan de Travail et Budget Annuel (PTBA) pour l’exercice 2025, estimé à 36 019 572 dollars américains. Une décision qui reflète l’engagement du pays à lutter contre la déforestation et à préserver ses vastes écosystèmes.
Clément Vangu, Coordinateur national de l’Unité de Coordination du Programme d’Investissement pour la Forêt (UC-PIF), a insisté sur les efforts déjà réalisés depuis la mise en vigueur du programme en mai 2024. Ces avancées incluent notamment le lancement institutionnel du PIFORES, soutenu par un financement initial de 3,4 millions USD destiné à préparer les interventions sur le terrain. Ce programme, bénéficiant d’un appui financier total de 300 millions USD de la Banque mondiale, s’inscrit dans une stratégie plus large visant à répondre aux enjeux environnementaux et économiques du pays.
Pour Clément Vangu, ce projet se distingue par son approche participative et durable, impliquant directement les communautés locales dans la gestion des ressources forestières et des terres dégradées. « Le PIFORES n’est pas seulement un programme environnemental ; il offre aussi des opportunités économiques concrètes pour les populations des zones d’intervention« , a-t-il déclaré. Une vision qui s’accompagne de nouvelles pratiques dans les chaînes de valeur, que ce soit dans l’agriculture, le bois ou les énergies renouvelables.
Lors de cette réunion, il a également été rappelé que le programme intègre des objectifs ambitieux pour maximiser l’impact de ses actions. En alignant ses activités avec la Stratégie Nationale REDD+, le PIFORES vise à positionner la RDC comme un acteur clé dans la lutte contre le changement climatique, notamment par le biais de financements liés à la séquestration du carbone. Cette perspective ouvre de nouvelles opportunités économiques pour les régions concernées, tout en renforçant la résilience des écosystèmes locaux.
Le Secrétaire Général à l’Environnement et Développement Durable, Benjamin Toirambe, représentant la Ministre d’État Eve Bazaiba Masudi, a salué les progrès réalisés. Il a mis en lumière le rôle essentiel des provinces dans l’exécution de ce programme. Grâce à une organisation décentralisée, chaque province bénéficie d’un Comité de pilotage local, renforçant ainsi l’implication des autorités régionales. Selon lui, cette approche inclusive consolide les liens entre les parties prenantes et garantit une meilleure appropriation des objectifs par les communautés locales.
Le PIFORES s’étend sur une période de sept ans et cible plusieurs provinces stratégiques, notamment Kinshasa, le Kongo Central, le Kwilu, ainsi que les régions du Kasaï et de la Lomami. L’objectif est clair : améliorer la gestion des paysages forestiers tout en soutenant les moyens de subsistance des populations locales. Parmi ses principales actions figurent la planification de l’utilisation des terres, le développement de chaînes de valeur durables et la promotion d’approches innovantes pour mesurer les impacts des interventions.
Ce programme, en phase avec les ambitions de développement durable de la RDC, illustre une volonté forte d’allier progrès économique et préservation de l’environnement. Avec un budget validé pour 2025 et une mobilisation accrue des acteurs locaux, le PIFORES incarne une réponse concrète aux défis environnementaux tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour les populations concernées.
Article signé par Peter MOYI

