Les États-Unis lancent un programme de 12 milliards de dollars pour constituer une réserve de minerais dits critiques. La République démocratique du Congo, riche en cobalt, cuivre et zinc, est l’un des fournisseurs utile de ce dispositif.
Le 2 février 2026, Washington a officiellement lancé « Project Vault », un programme destiné à stocker des minerais stratégiques. L’enveloppe totale atteint 12 milliards USD. Dix milliards proviennent de l’Export-Import Bank (EXIM), l’agence américaine de crédit à l’exportation. Près de 2 milliards supplémentaires viennent d’investisseurs privés.

L’objectif est simple sécuriser l’approvisionnement des États-Unis en métaux indispensables à l’industrie, à la défense et à la transition énergétique. Le modèle s’inspire des réserves stratégiques de pétrole, mais appliqué aux minerais. En cas de tension sur les marchés ou de rupture d’approvisionnement, ce stock pourrait être mobilisé.
Pourquoi la RDC est au cœur du dispositif
La RDC pèse lourd dans l’offre mondiale de plusieurs minerais recherchés. Elle est le premier producteur mondial de cobalt, essentiel pour les batteries. Elle produit aussi d’importantes quantités de cuivre et de zinc. Cette richesse naturelle lui vaut une place de choix dans le programme américain.
Concrètement, Washington veut passer des contrats d’achat à long terme avec des producteurs congolais. Des entreprises privées, comme des constructeurs et des groupes industriels, pourraient aussi payer pour avoir un accès garanti à ce stock en cas de besoin.
Premier dossier concret, le zinc de Kipushi. La mine, exploitée par Ivanhoe Mines en partenariat avec Gécamines, discute avec le négociant Mercuria pour écouler sa production vers le marché américain. En 2026, Kipushi devrait produire entre 240 000 et 290 000 tonnes de concentré de zinc. Des volumes suffisants pour intéresser Washington.
Pour la RDC, l’enjeu dépasse la simple vente de minerai. Le gouvernement veut faire reconnaître certains projets comme stratégiques. Cette étiquette ouvre la porte à des financements, sécurise des débouchés et renforce la position du pays dans les négociations commerciales, fiscales et logistiques. Plusieurs discussions en cours sur la coopération autour des minerais et la sécurisation des corridors d’exportation vont dans ce sens.
Le Projet Vault répond aussi à une préoccupation américaine réduire la dépendance vis-à-vis de la Chine, qui domine aujourd’hui une grande partie de la transformation et du commerce de ces métaux.
— M. KOSI

