Sur un grand site minier en République démocratique du Congo, Africa Power Services vient de mettre en service un champ solaire de 19 MWc et un système de stockage par batteries de 18 MVA. Ce renfort électrique change l’équation énergétique du client minier, qui se rapproche d’un fonctionnement appuyé sur les énergies renouvelables et réduit sa dépendance au fuel importé, exposé au taux de change.
Solaire, batteries et gestion fine de l’énergie sur le site minier
La centrale fonctionne en mode hybride, avec des groupes thermiques et désormais un bloc solaire plus un stockage par batteries. D’un point de vue économique, les 19 MWc de panneaux permettent de substituer une partie de la production au gasoil, dont le coût est élevé en devise. Chaque kilowattheure produit par le solaire limite la facture en dollars et réduit la sensibilité du site aux variations du franc congolais.
Les 18 MVA de batteries jouent un rôle différent mais tout aussi important. Elles absorbent les variations de production du solaire et lissent la demande du site minier. En pratique, le système de stockage sert de tampon, stabilise la tension et la fréquence, et permet de faire tourner les groupes thermiques dans une zone de rendement plus favorable. Cela pèse directement sur les coûts d’exploitation, sur la consommation de carburant et sur la durée de vie des équipements.

L’intégration de ces nouveaux actifs dans le Power Management System est un point technique central. Ce système pilote en temps réel les différentes sources d’énergie, arbitre entre solaire, batteries et thermique, et décide de la part de chaque source dans le mix, en fonction de la demande de la mine. Une mauvaise coordination entraînerait des déséquilibres, des microcoupures et des pertes de production. L’enjeu ici est de garantir une alimentation continue, avec une tension stable, pour des installations industrielles qui tournent souvent 24 heures sur 24.
Le terrain et le sous-sol du site ont compliqué l’installation du champ photovoltaïque. Il a fallu adapter les fondations et les structures de support aux conditions locales, pour éviter les risques d’affaissement ou de corrosion prématurée. Sur un plan financier, ces contraintes renchérissent le coût initial, mais la durée de vie attendue des panneaux et des batteries permet d’amortir l’investissement sur plusieurs années, grâce aux économies de carburant et à une meilleure maîtrise des arrêts techniques.
La dimension logistique n’est pas neutre non plus. Importer les panneaux, les onduleurs, les batteries et l’ensemble des équipements dans un pays à la réglementation stricte sur les entrées de marchandises demande une planification fine. Chaque délai à la frontière ou au port repousse la mise en service et peut affecter la production minière, donc le chiffre d’affaires. La réussite de ce projet montre que ces contraintes peuvent être gérées, à condition d’anticiper les procédures et de travailler étroitement avec les autorités.
Enfin, Africa Power Services a misé sur le recrutement et la formation de techniciens congolais. Pour l’opérateur minier, cela garantit une partie de la maintenance sur place, réduit le recours systématique à des équipes étrangères et limite les coûts de déplacement. Pour le pays, c’est une montée en compétences dans un segment stratégique, celui des systèmes hybrides et du stockage par batteries, appelé à prendre plus de place dans l’offre électrique industrielle de la RDC.
En renforçant sa centrale hybride par 19 MWc de solaire et 18 MVA de stockage, ce site minier congolais illustre une évolution discrète mais structurante de la transition énergétique en Afrique, là où la sécurité d’alimentation et le coût de l’électricité restent des variables décisives pour l’investissement.
M. KOSI


