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Choose France 2025, plus de 600 millions d’euros d’investissements étrangers et des centaines d’emplois qualifiés pour l’industrie française

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Les Prix Choose France 2025 mettent en avant trois groupes étrangers, Nidec, Vorwerk et Mars, qui engagent plus de 600 millions d’euros en France, renforcent l’outil industriel et créent des centaines d’emplois qualifiés. Ces décisions d’investissement confirment l’attractivité du pays et son positionnement comme plateforme industrielle, énergétique et de formation en Europe.

Usines, énergie et compétences, comment les capitaux étrangers transforment le terrain

Les Prix Choose France sont organisés par Business France, bras public chargé de l’internationalisation de l’économie française, avec l’appui des ministères en charge de l’économie, des affaires étrangères et de l’aménagement du territoire. L’objectif est clair, mettre en lumière les projets étrangers qui se traduisent en capacités de production réelles, en modernisation de sites et en emplois durables dans les territoires.

Pour l’édition 2025, le jury présidé par Pascal Cagni, Ambassadeur délégué aux investissements internationaux et président du conseil d’administration de Business France, a retenu trois dossiers qui illustrent trois priorités, la montée en puissance de l’industrie électrique, la transition écologique des chaînes de valeur et la formation de la main-d’œuvre de demain.

Le premier prix, consacré à l’« Innovation et technologies innovantes », revient au groupe japonais Nidec, spécialiste des équipements électriques. L’entreprise a engagé 17 millions d’euros dans une première phase pour un nouveau site à La Fouillouse, près de Saint Étienne, en région Auvergne Rhône Alpes. Inaugurée en juillet 2025, cette usine produit des systèmes de stockage électrique de grande puissance.

Sur le plan technique, ces systèmes de stockage jouent un rôle clé, ils permettent de lisser la production d’énergies renouvelables, d’éviter les coupures lors des pics de consommation et de soutenir l’électrification des ports et la recharge de véhicules électriques. Sans stockage performant, l’intégration massive du solaire et de l’éolien dans un réseau reste limitée, car l’offre d’électricité varie en fonction du vent et du soleil.

Le site de La Fouillouse emploie 350 personnes et intègre des équipes de recherche et développement, ce qui signifie que la France n’accueille pas seulement une usine d’assemblage, mais aussi une partie de la conception des produits. Nidec est présent dans le pays depuis 2011, réalise plus de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires sur le territoire et emploie plus de 3 500 collaborateurs. Le groupe annonce la poursuite de la montée en puissance de ses capacités industrielles en France dans le prolongement des annonces faites lors de Choose France 2025, signe que ce premier investissement de 17 millions d’euros est pensé comme une étape et non comme un coup ponctuel.

Le second prix, dédié à la « Transition écologique et décarbonation », distingue l’allemand Vorwerk, connu pour son appareil de cuisine Thermomix. Le groupe a investi 129,7 millions d’euros dans un nouveau site de production à Donnemain Saint Mamès, en Centre Val de Loire. Ce site, ouvert cette année, a déjà permis la création de 124 emplois.

L’enjeu central de ce projet, internaliser une partie de la fabrication de composants du Thermomix. Sur le plan industriel, cela signifie moins de sous traitance éloignée, moins de transports, donc une empreinte carbone plus faible. L’usine fonctionne avec une énergie présentée comme 100 % décarbonée, ce qui réduit encore l’empreinte environnementale de chaque appareil produit. Ce type de configuration, usine proche du marché, énergie bas carbone et chaîne de valeur plus courte, répond aux nouvelles normes environnementales mais aussi à un impératif de résilience, limiter la dépendance à des fournisseurs éloignés.

La présence de Vorwerk en France est déjà importante, 1 500 salariés répartis sur deux usines d’assemblage du Thermomix en Eure et Loir, un siège à Nantes et 85 agences commerciales. Le groupe ajoute un nouveau maillon, un centre de stockage, d’assemblage final et de conditionnement à La Chapelle du Noyer pour un investissement d’environ 30 millions d’euros et une centaine d’emplois à terme. On assiste ainsi à la constitution d’un véritable pôle industriel autour du Thermomix en Eure et Loir, avec une partie croissante de la valeur ajoutée captée localement.

Le troisième prix, consacré aux « Talents et formations d’avenir », récompense l’américain Mars. Le groupe agroalimentaire investit régulièrement dans plusieurs régions françaises, Grand Est, Centre Val de Loire, Hauts de France et Occitanie. Sur les cinq dernières années, Mars a consacré plus de 500 millions d’euros à ses sites en France. Ce volume place l’entreprise dans la catégorie des investisseurs de long terme et envoie un signal important aux collectivités qui cherchent à sécuriser l’emploi industriel.

La stratégie de Mars repose sur un pari, la qualité du capital humain. Le groupe multiplie les partenariats avec des établissements d’enseignement supérieur et co construit des formations certifiantes avec la Région Grand Est, où se trouve une part importante de ses effectifs. Ce modèle associe besoins industriels et offre de formation, ce qui réduit les décalages entre les compétences disponibles et les postes à pourvoir.

Mars se classe en tête du baromètre Happy Trainees 2025 pour les alternants, ce qui indique un bon niveau de satisfaction des jeunes en formation dans l’entreprise. Chaque année, le groupe recrute environ 200 personnes, en priorité sur des métiers techniques et industriels, secteurs où la tension sur les compétences est forte. La Mars University assure la formation continue et la montée en compétences des salariés en poste, tandis que la mobilité interne, environ 500 changements de poste par an, offre des perspectives de carrière sans quitter le groupe.

Derrière ces trois prix, on retrouve l’action structurante de Business France. L’agence publique compte plus de 1 400 collaborateurs, en France et dans 53 pays. Elle accompagne les entreprises françaises à l’export et attire les investisseurs étrangers. Elle gère aussi le programme V I E, qui permet à des jeunes de partir en mission pour des entreprises françaises à l’étranger.

En 2024, les actions de Business France ont généré 1,8 milliard d’euros de chiffre d’affaires export supplémentaire pour les PME et ETI françaises, soit plus de 31 010 emplois créés ou envisagés. Sur le front des investissements étrangers, l’agence a accompagné 66 % des 1 688 décisions recensées, représentant 69 % des 37 787 emplois créés ou maintenus prévus sur trois ans.

Les Prix Choose France 2025 offrent ainsi une photographie utile, des capitaux étrangers qui financent de nouvelles usines et des capacités électriques, une réorganisation des chaînes de valeur plus sobres en carbone et un effort soutenu sur la formation. Au-delà du discours sur l’attractivité, ces chiffres rappellent que l’investissement productif reste l’un des moteurs concrets de l’emploi et de la transition industrielle.

M. KOSI

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