Le gouvernement enclenche un programme d’accompagnement à la formalisation ciblant 5 000 entreprises dirigées par des jeunes sur l’ensemble des 26 provinces. Portée par la Delivery Unit de la Primature et financée par le FSPEEJ, l’opération démarre le 15 novembre 2025 avec une première cohorte de 500 entreprises à Kinshasa et Matadi. Objectif affiché : transférer une part de l’activité informelle vers le registre légal, élargir l’assiette des recettes, sécuriser l’emploi et clarifier les relations fiscales.
Ce que change concrètement la formalisation pour les jeunes entreprises
Le parcours prévu combine immatriculation au GUCE, accompagnement fiscal, accès au crédit et intégration aux chaînes de valeur locales. D’un point de vue économique, l’entrée dans le formel réduit le coût du capital (meilleure bancabilité), stabilise les marges (contrats et paiements traçables) et améliore la liquidité via l’accès aux marchés publics et aux financements dédiés. Pour l’État, la montée en régime de ces entreprises accroît la base imposable et sécurise la prélève sans alourdir les taux : l’effet volume prime sur l’effet taux.
Le calendrier par cohortes (10 vagues) facilite la montée en charge et la correction des frictions administratives au fil de l’eau : un pilote de 500 dossiers permet d’ajuster les outils avant la diffusion nationale. La formation et le mentorat, financés par le FSPEEJ, visent la discipline de gestion : tenue des comptes, suivi de trésorerie, calendrier fiscal. Ces éléments conditionnent l’accès durable au crédit et la baisse du risque perçu par les prêteurs.
Sur le plan social, la formalisation apporte une protection plus claire des travailleurs : contrats, couverture et conformité. Pour un pays où près de 80 % des jeunes actifs évoluent hors du cadre légal, l’impact attendu touche la productivité (meilleur accès aux intrants et aux marchés) et la stabilité des revenus. La démarche s’inscrit dans la Stratégie nationale pour l’entrepreneuriat des jeunes et réaffirme une orientation politique résumée par le chef de l’État :
“ Je serai à l’aise, en tant que Chef de l’État, si la majeure partie de notre économie était entre les mains des Congolais. ”
La réussite dépendra de trois points de vigilance : fluidité du GUCE (délais et coûts), accompagnement fiscal pédagogique pour éviter la casse-croissance, et profondeur des guichets de financement afin que la formalisation ne se limite pas à une immatriculation administrative mais se traduise par des ventes, de la trésorerie et des emplois mesurables.
— Peter MOYI


