La République Démocratique du Congo a réussi à lever 53,50 milliards de francs congolais, soit près de 18,5 millions de dollars américains, lors d’une récente émission d’Obligations du Trésor libellées en monnaie locale. Cette mobilisation, destinée à apurer une partie des engagements financiers envers la Banque Centrale du Congo (BCC), a été officialisée par un communiqué du ministère des Finances, daté du 22 avril 2025 et signé par la Vice-ministre O’Neige Ns’sele Mimpa.
Concrêtement, cette opération repose sur la titrisation d’une créance préexistante de la BCC sur le Trésor public. Les obligations émises affichent une maturité fixée à deux ans, avec remboursement intégral prévu pour le 22 avril 2027. Le Gouvernement s’inscrit ainsi dans une stratégie plus large : d’après son calendrier indicatif pour l’année 2025, il envisage de mobiliser un total de 369,15 milliards de francs congolais par le biais de ce type d’instruments financiers.
Les Obligations du Trésor à moyen ou long terme sont traditionnellement utilisées pour financer les besoins de l’État, que ce soit par adjudication ou par syndication bancaire. Dans ce contexte, la particularité de l’émission en faveur de la BCC tient à sa finalité : il s’agit d’un mécanisme d’apurement de dette interinstitutionnelle, plutôt que d’un simple outil de financement budgétaire.
En créant ces titres, le Trésor public reconnaît sa dette envers la Banque Centrale et s’engage à rembourser avec intérêt selon un échéancier préétabli. Cette démarche permet à la BCC d’assainir ses comptes en allégeant son bilan. Selon plusieurs analystes financiers, la titrisation pourrait aussi offrir à la Banque Centrale l’opportunité de céder ces créances à des investisseurs privés, en fragmentant les titres en parts accessibles aux particuliers ou aux entreprises.
Ce mouvement s’inscrit dans une tendance régionale où les banques centrales cherchent à renforcer leur assise financière en se libérant des actifs non liquides, comme le recommande notamment le Fonds Monétaire International dans ses conseils en matière de bonne gouvernance bancaire.
La prochaine émission prévue, dans le cadre du même programme, sera un indicateur clé pour évaluer l’appétit du marché pour ce type de produits en francs congolais, à un moment où la stabilité macroéconomique reste un défi pour le pays.
— Peter MOYI


