RDC à l’Expo Universelle 2025 : une semaine pour booster investissements et diversification

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Judith Suminwa, Première Ministre de la République démocratique du Congo, est arrivée à Osaka le 26 juin 2025 pour marquer la semaine dédiée à son pays lors de l’Expo Universelle 2025, qui rassemble plus de 170 nations. Ce rendez-vous international, programmé du 23 au 30 juin, est au cœur des efforts diplomatiques congolais pour renforcer les liens économiques et attirer des investissements étrangers.

Aux côtés du ministre du Commerce Extérieur, Julien Paluku Kahongya, et de Patrick Muyaya, ministre de la Communication, elle a immédiatement engagé une réunion stratégique visant à maximiser les bénéfices de cette présence. Pour le ministre Paluku, cet événement dépasse la simple promotion : il s’agit d’affirmer la RDC comme un acteur pérenne sur la scène économique mondiale en développant un soft power fondé sur une participation soutenue aux grandes plateformes économiques.

Derrière cette ambition, la réalité économique congolaise est contrastée. Avec une croissance qui a culminé à 5,3 % en 2024 selon la Banque mondiale, la RDC reste largement dépendante de son secteur minier, qui représente près de 90 % des recettes d’exportation. L’Expo Universelle offre une opportunité de diversification, notamment dans les technologies et les infrastructures, secteurs où le pays cherche à attirer des capitaux.

Dans l’agenda de Mme Suminwa, la rencontre avec le Premier ministre japonais constitue un moment clé, d’autant que le Japon est un partenaire historique pour la RDC, notamment à travers des projets d’infrastructures et d’aide au développement. Le lancement d’un forum d’affaires RDC-Japon s’inscrit dans cette dynamique, avec l’objectif de concrétiser des accords commerciaux et d’investissement. Plusieurs mémorandums d’entente sont attendus, visant à formaliser ces engagements.

L’inclusion des femmes entrepreneures à cette semaine dédiée souligne également une dimension sociale importante, qui dépasse les seuls aspects économiques pour toucher au développement durable et à l’émancipation économique des femmes.

Cette démarche est révélatrice de la stratégie actuelle de la RDC, qui cherche à s’appuyer sur une diplomatie économique active pour pallier les limites de son modèle traditionnel. L’exposition à Osaka, en plus d’être une vitrine, est une plateforme pour générer des flux financiers directs, nécessaires au financement des infrastructures et au développement industriel.

La réussite de cette opération dépendra de la capacité des autorités congolaises à transformer les intentions affichées en projets concrets, face à un environnement économique mondial incertain et marqué par la concurrence d’autres pays émergents.

— Peter MOYI

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