À Luanda, les discussions économiques s’intensifient autour d’une ambition claire : puiser dans l’expérience angolaise pour éclairer le futur de la RDC. Mercredi 30 juillet, Daniel Mukoko Samba, Vice-Premier ministre chargé de l’Économie nationale, a multiplié les entretiens à l’hôtel Intercontinental, ciblant à la fois les géants de l’énergie et les piliers du BTP.
Au programme de cette journée, un échange stratégique avec Sun Africa. Ce mastodonte américain du photovoltaïque, déjà considéré comme l’un des acteurs majeurs de l’électrification en Afrique, a partagé sa vision d’un continent plus autonome sur le plan énergétique. Difficile d’ignorer, pour les observateurs, la place grandissante des investissements privés étrangers dans les solutions d’électricité renouvelable. Selon les chiffres de la Banque africaine de développement, la capacité solaire installée en Afrique a bondi de 24 % entre 2022 et 2024, un rythme soutenu par des groupes comme Sun Africa.
Un peu plus tard, cap sur Carmon Global, société angolaise solidement implantée dans la construction, qui revendique 18 années de projets structurants. Pour Daniel Mukoko Samba, ce dialogue n’avait rien d’anodin : « Il s’agit moins de signer des partenariats immédiats que d’apprendre, d’observer ce qui fonctionne juste à côté de chez nous« , souffle un proche du ministre. L’Angola, marqué par trois décennies de guerre civile, a depuis multiplié les chantiers de réhabilitation d’infrastructures, avec des budgets publics orientés à plus de 38 % vers la construction et l’énergie (source : ministère angolais de l’Économie, rapport 2024).

Entre deux réunions, Daniel Mukoko Samba rappelle la parenté des trajectoires : « Notre voisin a connu des épreuves similaires. Mais l’Angola a réussi à sortir du tunnel en investissant dans l’humain et dans le tissu économique. Voilà ce que nous sommes venus chercher. » Le parallèle entre l’Est de la RDC et l’Angola post-conflit est évident : d’un côté, des régions marquées par l’instabilité ; de l’autre, la preuve qu’une relance est possible, à condition de s’appuyer sur des modèles éprouvés.
L’objectif ? Permettre aux entrepreneurs congolais de tisser des liens concrets avec des investisseurs internationaux, mais aussi encourager l’État à s’inspirer des politiques publiques angolaises. « Ce déplacement à Luanda n’est pas qu’un exercice diplomatique. Il s’agit de confronter nos idées, d’ouvrir des portes, et peut-être, de tracer une voie plus rapide vers la stabilité« , confie un économiste indépendant joint par nos soins.
Au-delà de l’échange d’expertises, ce séjour augure de possibles synergies entre le secteur privé congolais et les groupes étrangers, notamment dans l’énergie et le bâtiment, deux domaines au cœur des ambitions nationales. Reste à transformer ces intentions en actions concrètes, pour que l’espoir de la RDC ne demeure pas lettre morte.
— M. KOSI



