Les contours du commerce entre la République Démocratique du Congo et l’Ouganda s’apprêtent à changer. Le gouvernement congolais s’active pour mettre en œuvre le Régime Commercial Simplifié (RECOS), dispositif attendu aux postes frontaliers de Kasindi (Nord-Kivu) et Mahagi (Ituri). L’enjeu : faciliter la vie des petits commerçants et dynamiser les échanges locaux en allégeant procédures et coûts pour les populations frontalières.
Au centre de cette transformation, l’appui de Trademark Africa se révèle décisif. Cette organisation, soutenue par le Foreign Commonwealth & Development Office du Royaume-Uni et l’Union européenne, apporte une expertise technique et financière à la RDC. Concrètement, cela se traduit par l’annonce de la construction d’un poste-frontière à arrêt unique à Kasindi-Lubiriha, combiné à l’édification d’un marché moderne, en territoire de Beni. Objectif : rendre le passage des biens plus fluide, transparent et sécurisé.
Derrière cette évolution, une stratégie de vulgarisation du RECOS et de sensibilisation des acteurs locaux se met en place, notamment à travers la modernisation des infrastructures et outils numériques. Le Guichet Unique Intégral du Commerce Extérieur (SEGUCE-RDC) fait ainsi l’objet d’une dématérialisation avancée, tandis que le Portail d’Information Commercial National (PIC RDC) monte en puissance pour offrir aux opérateurs économiques un accès simplifié à toutes les informations réglementaires.
Les rencontres tenues à Kinshasa le 30 juillet entre experts du ministère du Commerce extérieur et représentants de Trademark Africa illustrent cette volonté d’accélérer la modernisation. Pour Gladys Kalombola Fatuma, gestionnaire de Trademark Africa en RDC, ces efforts s’inscrivent dans la dynamique impulsée par le ministre Julien Paluku Kahongya, alignée sur la vision du président Félix Tshisekedi pour un commerce extérieur plus ouvert et efficace.
Sur le terrain, les résultats commencent à se voir. Le poste à arrêt unique de Mahagi, doté d’un entrepôt, d’un parking et d’installations sanitaires, sera bientôt transféré officiellement au gouvernement congolais. Une étape qui s’ajoute à la précédente expérience de RECOS entre la RDC et le Burundi, opérationnelle depuis octobre dernier à Kavimvira-Gatumba.
Ces avancées, saluées par les institutions régionales telles que le COMESA et la Zone de Libre Échange Continentale Africaine (ZLECAF), illustrent un basculement vers une intégration plus concrète des économies africaines. Les petits commerçants frontaliers, longtemps confrontés à des procédures lourdes et des tracasseries administratives, peuvent désormais espérer une simplification réelle de leurs activités.
Reste à surveiller la bonne appropriation de ces outils par les communautés locales et la capacité des autorités à maintenir un climat favorable au commerce licite. Pour la RDC, ce virage structurel dans la gestion de ses frontières s’annonce comme un test grandeur nature de sa volonté d’inscrire durablement ses échanges dans le sillage de la coopération régionale.
— M. KOSI

