RDC–Émirats arabes unis, l’accord signé le 2 février 2026 vise 10 milliards USD d’échanges d’ici 2030

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Le 2 février 2026 à Abu Dhabi, la RDC et les Émirats arabes unis ont signé un Accord de Partenariat Économique Global (APEG) en présence du président Félix Tshisekedi et de Son Altesse Mohamed ben Zayed Al Nahyane. Les échanges, estimés à 4,5 milliards USD en 2024, sont projetés à 10 milliards USD en 2030.

Ce texte s’inscrit dans une relation relancée en 2021, après la participation de Félix Tshisekedi à l’Expo Dubaï 2020, reportée à cause de la pandémie de COVID-19. Deux chantiers avaient alors été mis en avant, la construction du port en eau profonde de Banana et la mise en circuit bancaire de l’or artisanal, pour rendre les flux plus traçables.

Un accord économique large, avec le port de Banana et l’or artisanal comme tests concrets

Sur les infrastructures, une convention de collaboration a été signée avec DP World pour le port de Banana, présenté comme un projet déjà entré en phase active de construction. Pour l’économie congolaise, l’enjeu est de créer une porte d’entrée maritime capable de soutenir le commerce extérieur et d’attirer des investissements autour de la logistique.

Sur le secteur minier, la démarche repose sur la formalisation de l’or artisanal via le système bancaire. L’objectif affiché est simple, faire sortir une partie de l’activité de l’informel, pour mieux suivre les volumes, sécuriser les paiements et réduire l’emprise de réseaux illégaux. Dans ce cadre, la création de Primera Gold est présentée comme un tournant dans les exportations officielles.

Les chiffres cités montrent l’écart entre la production déclarée et les volumes annoncés depuis la mise en place de ce mécanisme. La RDC exportait officiellement entre 5 et 10 kg d’or artisanal par an, avec un pic de 34 kg en 2020. Avec Primera Gold, les volumes déclarés changent d’échelle :

  • 2023 : 5 000 kg exportés
  • 2024 : entre 7 000 et 9 000 kg, soit une moyenne de 800 kg par mois

Le document relie cette évolution à la mise en circuit formel du secteur, ce qui peut aussi élargir l’assiette fiscale et améliorer la visibilité des recettes liées à l’or, si les mécanismes de contrôle suivent.

L’APEG se veut plus large que ces deux dossiers. Il couvre le commerce des marchandises et des services, le commerce électronique, les règles d’origine (les critères qui déterminent si un produit est reconnu comme “congolais” dans l’accord) et la promotion des investissements privés. Une liste de 6 000 produits congolais éligibles aux échanges est annoncée, avec l’idée de faciliter l’accès au marché et de stimuler le commerce au-delà des matières premières.

— M. KOSI

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