La République démocratique du Congo et les Émirats arabes unis ont signé, lundi 2 février 2026, à Qasr Al Watan, à Abu Dhabi, un Accord de Partenariat Économique Global (APEG). Kinshasa présente ce texte comme un cadre pour élargir les échanges et attirer des investissements, avec un axe dédié aux mines et à la diplomatie économique.
Mines, traçabilité, transformation locale, ce que ça peut changer pour les devises et la stabilité du franc congolais
Sur le papier, l’un des points les plus concrets concerne la traçabilité des minerais. Pour un pays comme la RDC, c’est un enjeu de “banque centrale” autant que de mines. Quand une filière est mieux tracée, elle a plus de chances d’entrer dans les circuits formels, donc de passer par des canaux où les paiements sont déclarés, bancarisés et plus faciles à suivre. Cela ne crée pas mécaniquement des devises, mais cela peut réduire la part des flux qui échappent aux contrôles.
Deuxième volet mis en avant, la sécurisation des chaînes de valeur minières, avec l’idée d’investissements coordonnés pour attirer des partenaires jugés fiables et augmenter la valeur ajoutée produite sur place. En termes macroéconomiques, le point clé est le même, la capacité à convertir l’activité minière en recettes enregistrées, en emplois locaux, et en entrées de devises mieux identifiées. C’est un sujet sensible dans un pays où les exportations minières pèsent lourd dans la balance des paiements.
Troisième axe, la transformation locale. C’est l’argument industriel, moins exporter du minerai brut, plus traiter sur place. Si cette orientation se traduit par des projets concrets, elle peut, à terme, augmenter la part de valeur captée localement, donc les revenus imposables, les salaires, et la demande de services autour de l’industrie. Mais l’effet dépendra du financement, de l’énergie disponible, des infrastructures, et surtout de la capacité à faire respecter des règles claires sur les contrats, la fiscalité et la transparence des flux.
Enfin, l’accord évoque une coopération institutionnelle entre l’Académie diplomatique de la RDC et l’Académie Anwar Gargash. C’est un détail qui compte dans les négociations économiques, car mieux former les équipes, c’est aussi mieux défendre des intérêts, mieux encadrer les partenariats et mieux suivre l’exécution des engagements.
La cérémonie s’est tenue en présence du président congolais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et du président émirati Mohammed ben Zayed Al Nahyane, selon des sources officielles congolaises. Reste maintenant le test décisif, celui de la mise en œuvre, car c’est là que se joue l’impact réel sur l’économie et, au bout de la chaîne, sur la stabilité financière.
— Peter MOYI

