Le gouvernement de la République démocratique du Congo prévoit de lever 75 millions de dollars sur le marché financier domestique, à travers une émission de Bons du Trésor libellés en USD, attendue le 24 février 2026. L’annonce figure dans un communiqué du ministère des Finances daté du 19 février, signé par le ministre Doudou Fwamba Likunde.
Selon le document, ces titres publics auront une maturité de six mois. L’objectif affiché est de dégager des ressources à court terme pour couvrir des besoins de trésorerie de l’État, alors que les autorités cherchent à renforcer le financement interne du budget.
Un signal suivi de près par les banques, malgré l’absence de taux annoncé
Un élément clé manque encore : le taux d’intérêt de cette adjudication n’est pas précisé. Or, sur ce type d’opérations, le rendement est la donnée la plus scrutée par les investisseurs, en particulier les banques commerciales, généralement parmi les principaux souscripteurs des titres publics domestiques.
Lors des dernières adjudications comparables, l’État congolais a souvent proposé des taux compris entre 9 % et 10,5 %. Ces niveaux visent à maintenir l’attrait des Bons du Trésor en dollars, dans un contexte où la liquidité est disputée et où les conditions financières internationales restent sous tension.
Le recours au dollar répond aussi à la structure du marché local. Une partie des investisseurs privilégie les placements en devise américaine, dans une économie où la dollarisation demeure importante. Pour le Trésor, émettre en USD peut donc faciliter la collecte, tout en diversifiant sa base d’investisseurs.
Cette nouvelle opération s’inscrit dans la stratégie des autorités de renforcer la mobilisation des ressources internes, en développant progressivement le marché domestique des titres publics. L’usage régulier des Bons et Obligations du Trésor est présenté comme un outil de financement rapide et flexible pour l’État, et comme un mécanisme de structuration du marché financier local.
Dans le même temps, un point alimente les interrogations parmi les acteurs du marché : les résultats de l’adjudication annoncée du 10 février 2026 n’ont pas encore été publiés. Les données attendues — volume effectivement souscrit et taux marginal retenu — servent pourtant à mesurer l’appétit des investisseurs et le coût réel du financement de l’État.
– Mitterand MASAMUNA



