La RDC cherche désormais à traduire son adhésion pleine aux Principes volontaires sur la sécurité et les droits humains en pratiques opérationnelles dans les zones extractives. Le 18 septembre à Kinshasa, le ministre des Mines Louis Watum Kabamba et une délégation suisse ont examiné la mise en œuvre du Plan d’action national 2025-2030, avec un rôle attendu des entreprises minières, de l’État et de la société civile.
La République démocratique du Congo poursuit l’opérationnalisation des Principes volontaires sur la sécurité et les droits humains dans son industrie extractive. Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a reçu vendredi 18 septembre 2026 à Kinshasa une délégation suisse conduite par l’ambassadeur Léo Trembley. Les échanges ont porté sur l’application du Plan d’action national et sur la sensibilisation des entreprises minières aux règles encadrant leurs dispositifs de sécurité et leurs relations avec les communautés.
Cette séquence intervient six mois après l’admission de la RDC comme membre à part entière de l’Initiative des Principes volontaires. L’organisation internationale a officialisé cette adhésion le 19 mars 2026. La RDC est ainsi devenue le deuxième État africain membre à part entière après le Ghana. Elle avait obtenu le statut de membre engagé en 2023 après avoir entamé son processus d’adhésion en 2022.
Les Principes volontaires constituent un cadre destiné principalement aux entreprises minières, pétrolières et gazières. Ils encadrent notamment l’évaluation des risques sécuritaires, les relations avec les forces publiques ou privées de sécurité et la prévention des atteintes aux droits humains autour des opérations extractives. L’Initiative réunit aujourd’hui des gouvernements, des entreprises, des organisations de la société civile et plusieurs observateurs internationaux.
Un plan 2025-2030 à appliquer sur les sites extractifs
La RDC avait validé en décembre 2025 son Plan d’action national 2025-2030, structuré autour de sept axes stratégiques, ainsi qu’une feuille de route opérationnelle pour 2026. Les travaux avaient également recommandé la mise en place d’un comité associant entreprises extractives, administrations publiques et société civile pour suivre l’application des engagements.
Lepoint.cd avait alors couvert la préparation de ce dispositif. Depuis, le dossier est passé de l’élaboration du cadre national à la question de son exécution. Une table ronde organisée à Kinshasa les 15 et 16 septembre 2026 par le ministère des Droits humains avait précisément pour objectif d’évaluer les avancées, d’identifier les difficultés et de fixer des actions mesurables pour la suite de la mise en œuvre.
L’appui suisse s’inscrit dans ce processus. Berne indique fournir à la RDC un soutien technique et financier pour l’application des Principes volontaires, notamment à travers la formation des équipes minières et des forces de sécurité locales. La Suisse estime que ce dispositif peut contribuer à réduire les tensions autour des zones extractives, mais aussi les risques réputationnels supportés par les entreprises et à améliorer la stabilité de l’environnement d’investissement.
La Suisse est elle-même membre de l’Initiative depuis 2011 et a déjà exercé sa présidence à deux reprises, en 2013-2014 puis en 2019-2020. Son approche repose sur un dialogue entre pouvoirs publics, entreprises et société civile, dispositif également retenu pour la mise en œuvre congolaise.
Pour l’industrie minière congolaise, l’indicateur déterminant sera désormais l’application effective du plan sur les sites. Cela suppose notamment d’observer les mécanismes d’évaluation des risques, les pratiques des forces chargées de sécuriser les opérations, la formation du personnel, le traitement des incidents et la participation des communautés concernées.
L’adhésion internationale de la RDC fixe donc un cadre. La portée économique et sociale du dispositif dépendra de sa traduction dans les pratiques des entreprises et des services de sécurité présents dans les principaux bassins miniers.
H. KABAMBA









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