La République démocratique du Congo prépare une refonte en profondeur de son système fiscal. Dès le 1er janvier 2026, deux impôts deviendront le socle de la fiscalité directe : l’Impôt sur les Sociétés (IS) et l’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques (IRPP). L’annonce a été faite à Kinshasa lors du lancement de la campagne nationale de sensibilisation, présidée par la Première ministre Judith Suminwa, au nom du chef de l’État Félix Tshisekedi.
Une architecture institutionnelle pour garantir l’efficacité

Cette réforme vise à élargir l’assiette fiscale et à renforcer l’équité dans la collecte. Derrière ce choix se trouve la volonté d’accroître durablement les recettes publiques. Aujourd’hui, la RDC dépend encore trop fortement des taxes indirectes et des revenus miniers. L’introduction d’un système simplifié autour de l’IS et de l’IRPP doit permettre de capter plus efficacement la richesse créée, tant par les entreprises que par les particuliers à hauts revenus.
Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-botayi, a détaillé un mécanisme de mise en œuvre en trois paliers : l’orientation politique assurée par le gouvernement, la stratégie confiée au COREF et l’application technique sous la responsabilité de la Direction Générale des Impôts (DGI). Ce schéma institutionnel vise à éviter les chevauchements et à instaurer une ligne claire entre la conception et l’exécution.
La cérémonie, qui a réuni membres du gouvernement, représentants du secteur privé et partenaires internationaux, a mis en évidence l’importance d’une approche concertée. Pour les autorités, la réussite dépendra de la capacité à instaurer une fiscalité perçue comme plus transparente et mieux adaptée aux réalités économiques du pays, où l’économie informelle représente encore près de la moitié des activités.
— Peter MOYI



