La société minière Chemaf, active dans le cuivre et le cobalt, prévoit de relancer pleinement ses activités en janvier 2027. Cette perspective suit son rachat en mars 2026 par un consortium composé de Virtus Minerals et Lloyds Metals & Energy, pour un montant de 30 millions USD, avec reprise d’une dette estimée à 900 millions USD.
Cette opération change la trajectoire de l’entreprise. Elle intervient après plusieurs années marquées par des difficultés financières et des perturbations de production. Désormais, Chemaf passe sous le contrôle d’une coentreprise baptisée Virtus Lloyds Mineral Holding, qui prend en main la relance industrielle.
Une reprise progressive dans un contexte de recomposition du marché
Avant d’atteindre un rythme normal, les nouveaux propriétaires prévoient une phase de remise en état des installations. À Lubumbashi, où se situe le principal site en activité, une suspension temporaire de deux mois est annoncée pour des travaux de maintenance. L’objectif est simple : stabiliser les équipements avant d’augmenter la production.
En parallèle, des travaux sont en cours sur les sites de Kolwezi et de Lubumbashi. Ils visent à améliorer les capacités de traitement du cuivre et du cobalt, deux minerais au cœur de la transition énergétique mondiale. Le cobalt, par exemple, est utilisé dans les batteries des véhicules électriques.
Le consortium affirme vouloir conserver les emplois existants. Selon les échanges avec les représentants des travailleurs, cette continuité sociale est maintenue, même si des ajustements techniques sont prévus pour préparer la reprise. Pour une entreprise fragilisée ces dernières années, cette stabilité est un signal attendu par les employés.
Au-delà de l’entreprise, cette acquisition s’inscrit dans un mouvement plus large. Elle fait partie d’un partenariat entre les États-Unis et la RDC visant à orienter une partie des exportations de minerais stratégiques vers les marchés occidentaux. L’enjeu est de réduire la dépendance actuelle à l’égard de la Chine, qui domine largement le secteur.
Ce repositionnement pourrait modifier l’équilibre du marché minier congolais. Il ouvre la porte à une diversification des partenaires industriels, à plus de concurrence entre investisseurs et à une évolution des circuits d’exportation du cuivre et du cobalt. Pour l’économie congolaise, cela peut influencer les recettes minières, qui restent une source centrale de revenus publics.
La reprise effective de Chemaf dépendra maintenant de la capacité du consortium à stabiliser les opérations et à relancer durablement la production dans les délais annoncés.
— Peter MOYI



