Avec à peine 17,1 % du budget exécuté au premier trimestre 2025, la santé publique en RDC avance au ralenti. Les chiffres de l’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) sont sans appel : sur les 654,1 millions de dollars votés, seuls 111,7 millions ont été effectivement versés.
Derrière ce déficit de financement, une répartition qui creuse les inégalités. Les hôpitaux de référence absorbent la plus grande part des ressources, laissant de côté une large partie du réseau de soins : centres de santé ruraux, structures communautaires et programmes de prévention restent les parents pauvres du système. Ces derniers concernent pourtant des volets essentiels comme la nutrition, la santé maternelle ou les campagnes de vaccination.
En clair, l’argent suit les infrastructures les plus visibles, mais pas forcément celles qui répondent aux besoins quotidiens de millions de Congolais. Cette logique alimente un cercle vicieux : dans de nombreuses zones rurales, l’accès aux soins de base se dégrade, les maladies évitables progressent et la mortalité liée à des pathologies simples reste élevée.
La question qui se pose désormais est celle de la cohérence des priorités budgétaires. Faut-il continuer à concentrer l’effort sur les grands centres urbains, ou repenser la stratégie pour renforcer les structures de proximité ? Dans un pays où près de 70 % de la population vit en dehors des grandes villes, le choix ne relève plus seulement de la technique, mais de la justice sociale.
— M. KOSI


