Le ministre de l’Économie nationale estime que la capacité de la RDC à transformer sa croissance dépendra autant de la santé de sa population que de ses ressources minières. Il appelle à renforcer durablement le financement de la Couverture santé universelle.
La République démocratique du Congo ne pourra pas bâtir une économie compétitive en s’appuyant uniquement sur ses réserves de cuivre, de cobalt, de lithium ou d’autres matières premières. Pour Daniel Mukoko Samba, la qualité du capital humain doit devenir un critère central dans l’orientation des investissements publics.
Le Vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, a défendu cette position le jeudi 30 juillet 2026 à Kinshasa, lors de la deuxième édition du Salon de l’Hôpital organisée au Centre culturel de Kinshasa.

Son intervention, consacrée au dividende démographique et au financement durable de la Couverture santé universelle, a replacé la santé dans le débat économique. Une population jeune et nombreuse ne devient un avantage pour un pays que lorsqu’elle est suffisamment formée, productive et protégée contre les risques sanitaires.
Pour le ministre, la longévité, le bien-être et la qualité des soins influencent désormais l’appréciation d’une économie par les grands investisseurs. Les entreprises recherchent aussi des territoires où les travailleurs peuvent accéder aux soins, où l’absentéisme lié aux maladies est mieux maîtrisé et où les systèmes sanitaires réduisent les risques pesant sur les activités.
La santé comme investissement productif
Le raisonnement défendu par Daniel Mukoko Samba remet en question une lecture de la santé limitée aux dépenses sociales. Les sommes consacrées aux hôpitaux, aux médicaments, à la prévention et au personnel médical contribuent également à préserver la capacité de production du pays.
Une meilleure prise en charge sanitaire peut réduire les dépenses supportées directement par les ménages, protéger leurs revenus et limiter l’appauvrissement provoqué par une maladie ou une hospitalisation. Elle peut aussi améliorer la présence des travailleurs dans les entreprises et maintenir davantage d’enfants dans le système éducatif.
Le Gouvernement met progressivement en œuvre la Couverture santé universelle, notamment à travers la gratuité des soins liés à la maternité dans plusieurs provinces. Les autorités travaillent également avec l’Organisation mondiale de la santé sur la définition d’un paquet minimum de soins, son coût et les conditions de son déploiement dans les structures sanitaires.
Cette réforme figure parmi les priorités sociales portées par la Présidence de la République. Elle vise à élargir l’accès aux soins tout en réduisant les difficultés financières supportées par les patients et leurs familles.
Un pacte pour stabiliser le financement
Daniel Mukoko Samba a appelé à la conclusion d’un pacte national destiné à renforcer le système sanitaire. Une telle orientation suppose une mobilisation coordonnée de l’État, des provinces, des entreprises, des partenaires au développement, des assureurs et des établissements de santé.
Le financement durable de la Couverture santé universelle devra aussi être compatible avec les ressources publiques disponibles. La continuité des soins exige des mécanismes capables de financer régulièrement les prestations, les médicaments, les équipements et la rémunération du personnel, au-delà des programmes ponctuels.
La deuxième édition du Salon de l’Hôpital s’est achevée par une visite des stands où des établissements ont présenté des équipements, des innovations et des initiatives destinées à améliorer les services hospitaliers.
La portée économique de l’appel lancé à Kinshasa dépendra désormais de sa traduction dans les choix budgétaires, les mécanismes d’assurance et l’organisation du financement sanitaire. Le dividende démographique attendu par la RDC restera théorique si la croissance rapide de la population ne s’accompagne pas d’un accès plus large à des soins fiables.
— J. KAKESA









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