Sud-Kivu : 22 000 hectares remis en service à Bwegera et Kiliba pour relancer farine et sucre

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La plaine de la Ruzizi vient de retrouver deux outils clés pour l’agriculture congolaise : l’usine de farine de Bwegera et la sucrerie de Kiliba. En territoire d’Uvira, le ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, a relancé ces unités installées sur 22 000 hectares, avec à la clé près de 15 000 emplois directs et indirects.

Le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, souligne que la reprise de ces deux usines doit permettre de couvrir une grande partie des besoins locaux en farine et en sucre, tout en ouvrant une porte vers l’exportation. Pour la province, chaque hectare remis en culture représente des revenus pour les ménages, des recettes fiscales pour l’État et une baisse de la dépendance aux importations alimentaires.

Des usines agricoles au service de la sécurité alimentaire et de la paix

Autour de Bwegera et Kiliba, l’objectif affiché est double : produire et stabiliser. D’un côté, la remise en marche des machines doit soutenir l’autosuffisance alimentaire et renforcer l’offre locale. De l’autre, les 15 000 emplois annoncés sont présentés comme un outil concret pour détourner les jeunes de l’économie de guerre et les intégrer dans des activités agricoles régulières.

Le gouverneur explique que les emplois créés doivent accompagner les programmes de désarmement, de démobilisation, de réinsertion et de réintégration des anciens combattants. Les jeunes qui ne rejoignent pas l’armée sont appelés à s’inscrire dans ces projets agricoles pour construire un revenu stable au lieu de retourner dans les groupes armés.

Profitant de cette mission, le ministre Muhindo Nzangi s’est aussi rendu sur plusieurs lignes de front, notamment sur les axes Katogota, Luvungi et Bwegera. Avec les Wazalendo, les FARDC, l’armée burundaise et les services de renseignement, il a transmis le message du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, présenté comme un soutien direct aux forces déployées pour protéger Uvira et une large partie du Sud-Kivu.

Pour renforcer cette présence dans la durée, des semences, des moyens financiers et de la nourriture ont été laissés sur place. L’idée est de lier défense du territoire, relance agricole et création de revenus durables, afin que la plaine de la Ruzizi devienne un espace de production plutôt qu’un terrain de conflit.

— M. MASAMUNA

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